12 points clés pour réussir votre présentation…

Le petit-déjeuner d’affaires commence en retard, par l’introduction :

 

« Bon on va commencer, bienvenue, on va essayer de commencer avec le traditionnel retard de 15 minutes Avignonnais (la même excuse fait florès ailleurs, on parle alors de fameux retard « Parisien », « Marseillais », « Lyonnais », « Nantais », « Rouennais »…).

Ah, ah, ah (car cette bonne astuce du retard fait toujours rire) !

Vous allez bien ? (un beuhhhh mou remonte de la salle).

Jojo, tu peux afficher le 2ème transparent ? Merci. Alors voyons quel menu vous attend aujourd’hui ? » etc…

 

Le transparent projeté et les suivants sont des encombrements de mots et de schémas enchevêtrés que l’orateur prend soin de regarder les 3 quarts du temps, pour à la fois chercher ce qu’il doit dire, et se rassurer en évitant de regarder les yeux des participants.

 

Bored Businesspeople Sitting On ChairsIls sont plusieurs présentateurs, la salle est disposée en U, ils se tiennent sur le coté derrière l’écran de leur PC. Nous sommes 20 dans la salle, inconnus les uns des autres. La présentation a commencé en retard, elle finira d’ailleurs en retard. Chacun se congratule sur la normalité de la chose. Les présentations se suivent, techniques au plus pointu, chargés d’acronymes les plus nombreux. Les transparents sont complexes, illisibles, rassurent les présentateurs qui pensent ainsi couvrir l’exhaustivité du sujet. Aucune interaction, 1 ou 2 courageux se lancent dans une question en toute fin de présentation, qui ne peut pas vraiment être traitée.

 

Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

Voici quelques insupportables pratiques de présentateurs qui ont oublié de poser une attention à la qualité de leur intervention :

 

    • La powerpoint mania => maladie qui a pris une ampleur que le meilleur des virus envierait. Le powerpoint devient le substitut. Le présentateur écrit tout ce qu’il a à dire dans un enchevêtrement de mots, d’acronymes, de longues phrases, dans le meilleur des cas de schémas aussi compliqués qu’ésotériques. L’assistance essaie en même temps de comprendre tout ce qui est écrit et d’écouter. Elle finit par se décourager, il y a trop de mots, trop de schémas, trop de planches, trop, trop, trop. De plus, le présentateur lit l’écran (alors qu’on n’a pas besoin de lui pour cela, on a appris à lire)…

 

    • Le manque d’interaction/d’implication de l’assistance => angoissé d’être pris à défaut de savoir, ou pressé de finir, ou inconscient que l’apprentissage passe par l’implication, ou tout à la fois, le présentateur repousse les questions à la fin ou n’entre pas en relation avec son auditoire en restant confiné dans sa propre bulle d’expertise, dont personne ne l’extirpera. Chacun s’ennuie consciencieusement à sa place, rares sont les audacieux qui osent s’échapper, pensant peut-être qu’il va se passer quelque chose d’intéressant…

 

    • Le défaut de préparation => habitué à intervenir en public, l’intervenant se fie à sa « grande expérience » ou sa « grande compétence technique » sans chercher un angle nouveau, une anecdote, une couleur différente qui lui permettrait de différencier sa patte, son offre, son analyse…

 

  • La position du présentateur dans la salle => tel un bon Égyptien en hiéroglyphes, le présentateur se tient de profil ce qui lui permet de lire l’écran (alors que ce qui est à l’écran est également affiché sur son ordinateur). S’il a beau profil à la limite, on peut se délasser en observant les doux contours de son faciès. Cependant, la probabilité est que l’absence de relation visuelle avec l’auditoire laisse ce dernier à sa sieste-yeux ouverts.

L’objectif du présentateur est-il atteint ? Que cherchait-il à faire ? Démontrer, proposer, argumenter, convaincre ? Avec les insupportables mauvaises pratiques de la powerpoint mania, tous ces objectifs sont ratés.

 

Je vous suggère d’analyser et vous approprier…

12 bonnes habitudes pour réussir votre présentation

 

1 – Passez 4 fois plus de temps à préparer votre présentation qu’à la dérouler

Je pense que je continuerai de passer une grande partie de mes formations à expliquer que la préparation est une clé de succès essentielle. Quand on monte sur scène, chaque détail est passé en revue par l’auditoire – c’est facile pour les spectateurs de juger l’acteur. Si on est bien préparé, du discours à l’organisation de la salle et des outils, non seulement on se donne une plus grande chance de réussite, mais on est moins stressé.

 

2 – Utilisez les transparents comme supports « visuels » du discours

Les transparents sont une aide, en particulier pour toucher les participants qui ont une tendance naturelle d’appropriation par l’image. Si le transparent est le discours, c’est inutile ! Les points clés à l’écran, seulement les points clés, synthétiques, schématiques.

 

3 – Une seule idée par transparent, de préférence illustrée par un schéma simple et quelques mots écrits en gros (on peut les lire à 10 mètres)

Cela parait évident… chaque transparent supporte une seule idée. Autrement, on perd l’auditeur qui cherche les combinaisons. Cela va sans dire, pourtant on le voit tout le temps : des petits caractères que même les gens du premier rang ont du mal à lire. A quoi cela sert-il, à part de faire froncer les sourcils de l’auditoire – qui du coup n’écoute plus.

 

4 – Entrainez-vous à faire votre discours devant quelqu’un, éventuellement devant une glace

La préparation, c’est aussi répéter. Un discours répété est bien mieux interprété. Quand vous voyez une orateur brillant, dites-vous qu’il est super préparé. Un jour, dans les Caraïbes, le patron d’une grande société américaine m’a demandé de venir l’écouter car il devait faire un discours en français. Il m’avait étonné par son humilité dans la préparation… Et si personne n’est là pour vous écouter, entrainez-vous devant une glace, c’est un exercice très révélateur.

 

5 – Démarrez à l’heure, finissez à l’heure

Que tout le monde soit là ou pas, démarrez à l’heure. A quel titre respecte-t-on les retardataires et méprise-t-on ceux qui sont à l’heure ? Je mourrai sans avoir la réponse à cette question ingrate. A propos, pour finir à l’heure, il convient de repasser par la bonne habitude 4 et s’entrainer avec un chronomètre.

 

6 – Commencez par une anecdote originale

Tous les grands orateurs pratiquent cette astuce. Pour captiver tout de suite l’assistante, à bas les « euh, bonjour, on va peut-être essayer de démarrer avec juste les 15 minutes de retard Toulousaine, ah, ah, ah… » Attaquez immédiatement avec une anecdote : « nous sommes le 11 septembre 2001, je suis à New York, etc… ». Nous avons tous des anecdotes de vie qui permettent d’illustrer nos propos. A utiliser pour démarrer, ce n’est pas une option négociable 🙂

7 – Posez des questions ouvertes et précises à l’assistance

Plutôt que donner toutes les réponses, osez faire intervenir l’assistance. Plus vous demandez la participation par des questions simples et ouvertes, plus vous obtenez l’attention et l’adhésion, plus vous développez l’appropriation. Beaucoup d’intervenants restent sur leur « savoir », ce qui les rassurent. Pourtant, le message est plus puissant quand l’assistance s’implique. NB : pas de questions complexes bien sur, les questions à l’assistance servent de relais, de transition, de point d’appui…

 

8 – Bougez dans la salle et ancrez vos pieds dans le sol

En tant que présentateur, la salle est votre terrain de jeu. Se rapprocher de l’auditoire, déambuler une ou deux fois dans les allées, donne de l’air à tout le monde. Observez vous en train de parler, êtes-vous en train de sautiller ou vous déhancher d’une jambe sur l’autre, signe de manque de confiance. Une bonne méthode : pensez (tout en parlant) à enfoncer les orteils dans le sol, à ancrer les pieds. Cela renforce l’autorité.

 

9 – Regardez régulièrement tous les participants dans les yeux

Le regard circulaire et direct dans les yeux de tous les participants, régulièrement, pendant la présentation donne 2 atouts : maintenir leur attention, mesurer l’impact de votre discours – ce qui permet de le réajuster, de lancer une question, ou de dire « je vois des regards dubitatifs… est-il nécessaire d’approfondir tel ou tel point ? »

 

10 – Répondez à toutes les questions, tout de suite

Rien de plus frustrant que d’entendre un orateur dire « vous poserez vos questions à la fin ». A-t-il peur de perdre le fil (preuve qu’il n’est pas bien préparé. Quand une question fuse à l’improviste, chouette, c’est une preuve de l’intérêt des participants. Cette question rapproche de la salle. Il est toujours juste d’y répondre immédiatement, mais succinctement si le sujet est approfondi un peu plus tard dans la présentation.

 

11 – Privilégiez l’intensité à l’exhaustivité

Quelquefois, la salle nous emmène sur un terrain imprévu. Si ces détours sont manifestement le bon chemin à prendre à ce moment-là, à cet endroit-là, faites-le. Peut-être ne déroulerez-vous pas tout votre discours, peu importe. L’intensité est là puisqu’il y a riche échange. Vous pouvez sauter quelques propos qui étaient prévus pour respecter l’horaire, ou bien demandez l’accord des participants pour prolonger la séance de quelques minutes (en étant précis « 10 minutes » par exemple). L’intensité n’est-elle pas toujours plus essentielle que l’exhaustivité (qui à mes yeux est d’ailleurs un objectif illusoire, quelque soit le sujet) ?

 

12 – Finissez par une anecdote ou un propos qui élargit le sujet

On a commencé par une anecdote, on finit en élargissant le discours, en ouvrant des perspectives. Une anecdote subversive du discours précédent peut être bienvenue, ce qui démontre qu’un sujet est toujours plus complexe qu’il ne parait, que vous n’êtes pas dupe, ni détenteur d’une vérité absolue (tout expert que vous puissiez être).

 


 

 

Oh, je sais que toutes ces habitudes ne sont que des évidences… n’est-ce pas ? Pourtant, il me semble qu’elles ont besoin d’être rappelées, tant il y a confusion dans l’utilisation des outils (la powerpoint mania), et souvent inefficacité des présentations… Du petit déjeuner d’affaires que j’ai évoquée en introduction, aucun souvenir du contenu, aucun échange avec un participant, aucune carte de visite échangée puis qu’avec un retard significatif de fin de présentation, j’ai du m’envoler vers d’autres horizons, derechef…

 

Au fait, en animant récemment un séminaire en intelligence collective d’un jour et demi, savez-vous combien de transparents j’ai utilisés ?

Donnez votre estimation du nombre de transparents dans les commentaires ci-dessous 🙂