3 secondes dans les yeux pour faire passer l’énergie…

Nous visitons l’usine, le directeur que j’accompagne passe rapidement dans les allées. Autour de nous, on ressent les regards, une certaine tension, un intérêt, peut-être un peu d’appréhension. C’est le directeur de l’usine, forcément son passage crée une forme de magnétisme. Ca et là, il s’arrête, serre rapidement une main et continue de me commenter l’organisation de l’usine, les étapes de fabrication, l’efficacité du processus.

 

Nous nous retrouvons dans sa voiture pour retourner au bureau. Là, je lui demande : « qu’as-tu ressenti en traversant l’usine ? » Ma question l’interpelle, le langage du ressenti ne fait pas partie des mots habituels du monde industriel. Nous échangeons sur l’ambiance de l’usine, les signes envoyés, etc… Enfin, je l’interroge sur l’impact qu’il perçoit des poignées de main échangées avec les ouvriers, et des 3 secondes dans les yeux pour faire passer l’énergie ! Carrément ésotérique ???

 

Observez comment ça se passe… dans une grande majorité des cas, nous serrons la main rapidement, de manière automatique, sans mettre la présence réelle, l’instant reste furtif, le geste machinal. Hors, dans le tour d’usine, j’observais l’attente impatiente des ouvriers serrant les mains, l’attente de l’échange du regard. Le directeur, probablement déjà dans ses pensées opérationnelles de la suite de la journée, enchainait les mains, pas les regards.

 

Je lui soulignai l’importance des 3 secondes les yeux dans les yeux pour faire passer l’énergie, les conséquences pour les opérateurs, leur reconnaissance, leur motivation. 3 secondes, c’est le temps de prendre un vrai contact, cela ne change pas l’agenda surchargé, cela change tout pour ceux qui reçoivent le boost en énergie. Manager, c’est aussi prendre conscience de l’impact de son propre regard.

Il en comprit l’importance et m’en remercia…