La maison brule et nous regardons ailleurs…

Récemment, je propose un thème de conférence à un organisme qui s’adresse à des dirigeants et managers. Le titre proposé de ma conférence est « la responsabilité ou la mort« . Quelques jours plus tard, je reçois cette réponse :

 

 

« Cher Monsieur,

Nous avons bien reçu votre proposition d’intervention et nous vous en remercions. Nous en profitons pour remercier également B Txxx pour cette recommandation.

Malheureusement, malgré votre très beau parcours, nous sommes au regret de ne pas y donner suite. En effet, nous n’avons pas de besoin particulier sur cette thématique actuellement.
Merci pour tout l’intérêt que vous avez porté à xxx,
Très belle journée. »

 

Le message est gentil et courtois, pourtant j’ai envie de titiller. Je réponds :

« Bonjour,
Un consultant m’a dit un jour : « la responsabilité, ça n’intéresse personne » (il avait employé des mots plus fleuris). Sans doute avait-il raison…
Pourtant, la « responsabilité » n’est pas une thématique qui s’exprime dans les « besoins ». C’est une nécessité (priorité devrais-je écrire) absolue de prise de conscience, en particulier des dirigeants, en particulier à notre époque ! Si le sens de la responsabilité empêche de faire du « business as usual », je comprends qu’elle ne soit pas exprimée dans les « besoins ».
Je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre.
Bien cordialement… »

 

La réponse de mon interlocutrice suit rapidement :

 

« Monsieur,
Pardon si mon mail n’était pas clair. Lorsque nous apprécions une candidature d’expert, nous évaluons à la fois la qualité du profil et la demande potentielle pour le sujet proposé.
Notre réponse négative n’était donc nullement une remise en question de la qualité de votre profil ou de votre expertise. Cependant, dans l’immédiat, nous ne vous proposons pas d’aller plus loin car nous avançons en priorité sur les thèmes non couverts par notre offre de thématique actuelle et évitons de faire travailler un expert lorsque nous savons qu’il ne sera pas programmé dans nos clubs ensuite.
Très belle journée »

 

Je conclus l’échange :

 

« J’avais bien compris. Mon propos relève d’une conviction profonde. « La maison brule et nous regardons ailleurs » a-t-on entendu dire un ancien président de la république…
Souvent l’humain apprend dans la douleur ce que la sagesse n’a pas pu lui enseigner…
Merci de votre attention… »

 

Hum, que penser de tout cela :
      1. Option 1 => c’est le consultant dont je parlais ci-dessus qui a raison. La responsabilité, ça emmerde tout le monde (c’était ses mots). Mieux vaut parler de comment davantage saigner la planète pour nous enrichir, en laissant la dette économique, écologique, sociale, à nos enfants et nos petits-enfants. Ca leur fera les pieds, nous on aura pris les nôtres 🙂
      2. Option 2 => c’est un autre consultant avec qui je bosse régulièrement qui a raison. Il m’a dit un jour : « vends leur ce qu’ils te demandent, livre leur ce dont ils ont besoin ». Astucieuse manière de présenter la chose. Une hypocrisie pour éveiller les consciences, pourquoi pas (une tactique commerciale dirait-on en dans les discussions convenables).

 

Ma collecte de promenade

Je continuerai à faire le colibri, à ramasser du plastique dans la nature, à enseigner les accords toltèques dans le désert, continuerai à proposer des pistes pour prendre les décisions difficiles. Dès qu’on évoque le mot « responsabilité », on a le sentiment au mieux de « faire la morale », au pire « d’être illégitime » puisque bien sur, faire réfléchir à la responsabilité ne signifie pas qu’on soit totalement exempt de critique.

 

 

 

 

Que la responsabilité ne soit pas au menu de toutes les formations de dirigeants, de managers, d’hommes et de femmes politiques est une faute. Je n’en suis pas expert, juste l’intime inquiétude que nombre de décideurs travaillent en funambules. Mais, comme dit une chaine youtube à grand succès que j’ai bien pour sa juste impertinence, tout le monde s’en fout.