La règle des 5 pourquoi…

Quelle est la cause la plus profonde sur laquelle agir ?

Trop souvent, nous travaillons sur les « effets observés » d’un problème avec des résultats peu efficaces. Pourquoi ? Parce que les effets observés sont les conséquences en cascade – et souvent entremêlés –  de causes plus profondes qui ont créé la situation de crise.

 

Il est facile de désigner des responsables quand un risque se transforme en problème. Il est facile (et d’usage) de chercher un bouc émissaire. Tout cela évite de faire le vrai travail d’analyse des causes, des causes profondes sur lesquelles on peut agir.

Comment chercher les causes profondes ? La règle des 5 pourquoi (je n’en ai dessiné que 3 dans mon schéma ci-dessus mais c’est bien 5 le bon chiffre) permet ce travail…

 

La question se pose : comment passer d’une conséquence – d’un effet – d’un problème – d’un dysfonctionnement… à une cause ? Et à quoi cela sert-il ? Pourquoi la prise de conscience et l’action sur la cause la plus profonde est-elle plus efficace ?

Prenons d’abord la dernière question : imaginez…

Votre veilleur signale qu’un iceberg est dans l’axe de progression du bateau. La conséquence est à portée – quelques minutes. Capitaine du bateau, vous n’avez qu’une solution : contourner l’iceberg. Deux heures plus tôt, votre radio vous annonce qu’il y a des icebergs dans les parages. Vous pouvez alors décider de dérouter le bateau vers le sud pour éviter la zone dangereuse. C’est une action corrective. Enfin, avant de quitter l’Europe, et sachant que l’Atlantique Nord est dangereux pour ses icebergs, vous pouvez choisir une route plus au sud, et donc prendre une mesure préventive.

(toute ressemblance avec des évènements ayant véritablement existé est voulue)


On voit dans cet exemple plusieurs notions d’analyse de risques :

1 – Plus on est près du problème, moins on a de latitudes de décisions et plus on est dans l’action corrective, dans l’urgence. Plus on est éloigné dans le temps du problème pressenti – donc plus on a anticipé l’analyse de risques, plus on est dans l’action corrective, voire préventive.

 

2 – On s’aperçoit que le risque observé se trouve dans un arbre cause/conséquence. Ainsi, le fait qu’il y ait un iceberg dans l’axe du bateau est une conséquence de la densité d’icebergs dans les parages. Aussi, la densité d’icebergs dans les parages est une conséquence du fait que le bateau soit en Atlantique Nord.

 

En travaillant la cause profonde « l’Atlantique Nord est une zone d’iceberg », on peut prendre la bonne décision et éliminer la conséquence potentiellement très grave de la collision. (NB : heureusement, il y aura d’autres problèmes, sinon on s’ennuierait…). On peut s’interroger sur le pourquoi du choix de l’Atlantique Nord, ce qui devient une autre branche d’analyse. Dans le cas du Titanic, il s’agissait de faire la traversée la plus rapide possible de l’océan. Pourquoi cela ? Pour satisfaire des enjeux commerciaux ou des ego ?

 

Comment passer, quand on analyse un problème, des effets observés-des conséquences vers les causes ?

Simplement en posant la question « pourquoi ». Cette simple question « pourquoi » doit être relancée sur chaque cause jusqu’à trouver la/les cause/s la/les plus essentielle/s. Agir sur les causes les plus profondes est un gage d’efficacité, comme on vient de la voir sur l’exemple du paquebot.

 

L’expérience montre que 5 questionnements « pourquoi » semble le maximum de remontées possibles – on arrive souvent après 3 ou 4 questions « pourquoi » au sens de la vie ou à l’existence de Dieu . Ainsi, dans l’exemple des icebergs, le quatrième niveau de questionnement amène à « pourquoi y a-t-il des icebergs en Atlantique Nord ». On peut alors répondre avec des arguments « géographie, climat, position de la planète dans l’espace », sur laquelle on n’a aucune prise. La réponse au « pourquoi suivant » interroge « la géographie, le climat, la position de la planète dans l’espace, etc… » devient inaccessible… et surtout, le chef du projet « bateau en traversée de l’Atlantique » n’a aucune prise sur cette cause là. Il convient donc d’agir sur la cause qui reste dans le registre du « pouvoir », en l’occurence ici : traverser l’Atlantique dans une zone sans icebergs.

Faire l’exercice des 5 pourquoi, identifier les causes les plus profondes sur lesquelles on peut agir, et prendre les bonnes décisions…

 

Comment cela vous inspire-t-il dans les crises que vous traversez ?

Vous pouvez répondre dans les commentaires ci-dessous…