Non, non et non, 3 raisons pour dire non !

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« Non » !

Notre éducation nous a souvent poussé à dire (presque toujours) oui. Pourtant, le « non » est très puissant puisqu’il permet d’arbitrer et aussi de choisir (comme le oui d’ailleurs). Sauf que, la confusion existe entre « je te dis non à ce que tu me proposes/ce que tu me demandes » et « je dis non à toi ».

 

Dans le premier cas, il s’agit de repousser une proposition, une sollicitation. Dans la deuxième formule, il s’agit de repousser la personne. Cette confusion crée ce malaise : « j’ai dit oui (parce que je t’apprécie), mais en fait, je ne peux pas/je ne veux pas/je ne sens pas et j’ai vraiment envie de dire non (mais je n’ose pas) ».

 

Apprendre à dire non est l’une des leçons apprises auprès de ceux qui réussissent.

Il y a surement des quantités de raisons d’apprendre à dire « non », j’ai envie de privilégier celles-ci…

1 – En disant « non », je me respecte

En avez-vous croisé de ces grandes âmes qui, à la fois sont d’une générosité sans limite et en même temps semblent habités de frustrations abyssales. Il n’est point question ici de rejeter la grandeur du service et de l’attention à l’autre (je repense à mon oncle Paul). Il est question de se respecter, ce qui peut devenir une nécessité de survie.

 

Je dis « non » car j’ai besoin d’air, de respiration, d’espace, de repos, de recul, de temps. Je dis « non » aussi parce que j’ai des priorités et des devoirs, parce que j’assume des responsabilités. Je dis « non à la chose » pas « non à toi ». Je dis « non » car j’ai besoin d’être respecté.

 

2 – En disant « non », je me débarrasse des petits problèmes que les autres ont envie d’empiler sur mon bureau et dans mon emploi du temps

Corollaire du point 1, si je ne me respecte pas, les autres sont susceptibles de ne pas le faire non plus. Il y a risque à ce qu’ils viennent donc avec leur épaisse pile de problèmes, de délégations inverses, leur envie de se débarrasser de ce qu’ils ont à faire (et accessoirement ce pour quoi ils sont payés) dans mon antre grande ouverte.

 

Dans les formations sur l’optimisation du temps, ce sujet fait souvent débat. Pour garder (croit-on) une bonne relation de travail, on accepte le déballage sur notre bureau. Dès que cela se produit, c’est le début du grand foutoir de son emploi du temps, et partant, de la tenue de ses objectifs.

 

Econduire gentiment les chronophages et autres dérangeurs de tout poils qui lisent le grand « oui » affiché sur notre front, leur dire non sans se justifier, est un pas de géant en avant pour passer à une meilleure maîtrise de son temps et de son projet.

3 – En disant « non », je sors de cette illusion que le tout est possible

L’une des grandes difficultés à laquelle nous sommes tous maintenant confrontés, est la profusion gigantesque des possibles. Cette profusion devient source de tourments, devient un vrai défi de sagesse pour les prochaines générations. Tout semble accessible. Tout parait disponible. On voudrait tout accumuler (les choses, les relations, les expériences), alors que cela est vain.

 

A l’image de l’univers en expansion, la société actuelle nous offre tant de possibles que le simple fait de les imaginer nous fait croire que nous pouvons nous les approprier. C’est faux, chers amis ! Une grande partie du travail intérieur consiste à renoncer, à dire non. Ce qui ne signifie pas une existence terne et sans relief. Les gens très riches peuvent aussi être confrontés à ce défi.

Comme me disait un chef d’entreprise un jour : « dès que l’on ferme une porte, des quantités d’autres se présentent ».


Bref !

Je te dis non…

  • et je t’aime quand même…
  • et je me respecte…
  • et je ne prends pas sur moi ce qu’il t’arrange de me verser dans ma gamelle…
  • et je grandis en sagesse dans ma capacité de détachement…

 

Tout l’art consiste à délivrer un « non positif »… Mais cela est une autre histoire.

 

Et pour mieux y arriver…

Quand vous êtes sur le point de dire « oui », posez-vous 3 questions :

  1. Est-ce que « je le sens bien » de dire oui à cette requête ?
  2. Est-ce bien de ma responsabilité de prendre en charge cette demande ?
  3. A quoi je renonce vraiment et quelles opportunités mon « non » va-t-il faire émerger ?

 

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