Pilote ou pilotage ?

Cet article est un clin d’oeil à mes étudiants de l’IAE d’Aix…

Un jour, pour finir une première journée de formation chef de projet, je lance un dernier exercice en forme de transition pour la prochaine session :

« Réfléchissez 10 minutes en sous-groupe aux 3 raisons majeures qui selon vous, font que certaines équipes réussissent mieux leurs projets que d’autres. Et allez inscrire vos 3 raisons au tableau. »

La quarantaine d’étudiants planche sur ce simple débat…

 

Chaque équipe envoie un scribouillard au tableau, bientôt décoré de 6 * 3 caractéristiques des équipes performantes. A vrai dire que du bon sens, des constats clairs et pertinents, une bonne prise de conscience collective en quelque sorte. Alors que les écritures se terminent, un étudiant redescend rapidement l’amphi et corrige l’un des critères énoncés par son équipe. Il substitue : « avoir un bon leader » par « avoir un bon tableau de pilotage ».

Je saute sur l’anecdote… Pourquoi cette modification ? Faut-il déduire qu’un bon projet peut être bien « piloté » sans pilote ? Pourquoi cette pudeur à détacher la réussite d’une équipe projet du fait qu’elle a un bon leader ? Peut-on imaginer que le bon pilotage du projet se fait « naturellement », sans influence et sans le caractère entrainant de son coordinateur ? Suffit-il d’avoir de bons outils de pilotage pour qu’un projet réussisse ?

Je suis convaincu que l’un des facteurs clés de succès d’un projet réside dans la qualité de leadership du responsable. Si j’ai sauté sur ce symptôme, c’est que je crois qu’on oublie ce basique de management : les outils ne sont rien s’il n’y a pas quelqu’un de lucide pour les utiliser au mieux, s’il n’y a pas un caractère pour entrainer les énergies de l’équipe.

Les outils, les outils certes, mais qu’est-ce qui est le plus important : l’outil ou l’ouvrier, l’outil pilotage ou le pilote ?

Avez-vous déjà vu des outils de pilotage bien fonctionner tout seuls ?