Peut-on procrastiner sans culpabiliser ?

Souffrez-vous de culpabilité parce que vous procrastinez ?

La procrastination pour rappel, c’est cette propension à remettre au lendemain une tache qu’on avait déjà reportée, et que d’ailleurs on est peu susceptible de faire demain non plus. On la renvoie toujours plus loin dans le plan d’actions. Vous connaissez ?

Dans cette vidéo, j’évoque 2 types de taches pour lesquelles la procrastination à 2 effets inverses…

Alors quand peut-on procrastiner sans culpabiliser ?

 

Pour l’envoi de la feuille d’impôt ou pour aller chercher les enfants à l’école, il y a une limite claire à la procrastination. Si la date limite d’envoi de la déclaration à notre cher Trésor (Public) est demain, il reste la soirée pour la finir. Même si c’est du bachotage, le faire au dernier moment n’est pas grave, inutile de culpabiliser, mais il faut le faire impérativement. Pour les enfants à l’école, impossible de procrastiner. Ces actions ont quelque chose « d’obligatoires » : même si on s’y prend à la dernière limite, procrastiner peut avoir de lourdes conséquences. Donc, pour les actions obligatoires, si on ne veut pas culpabiliser, il convient de s’y coller, même au dernier moment.

 

C’est vrai qu’il y a beaucoup d’actions « obligatoires », y compris parmi les actions à haut rendement comme préparer une réunion, répondre à un appel d’offres, faire le planning de l’équipe, etc… Cette catégorie d’actions dans le plan est à respecter, même au dernier moment, car il y a « punition » si on ne les accomplit pas. Les faire au dernier moment est parfois efficace car on est sous la pression de l’échéance. Tout faire au dernier moment est à utiliser avec parcimonie car cela met en stress permanent. Un peu de stress c’est bien, trop de stress…

 

Par ailleurs, il existe toutes ces taches créatives, ces actions à grandes valeurs ajoutées que l’on reporte parce qu’elles ne sont pas mûres. Dans le registre de la créativité, la procrastination est paradoxalement une saine attitude. Bien sur, il convient de passer à l’action, encore faut-il que la dite action soit arrivée à maturité. Or, mûrir une activité créative requiert du temps, des échanges, de l’éloignement, de la respiration. « Je veux avoir fini cette création demain » est parfois contraire à la nécessité de temps pour la puissance créative. Il parait que Steve Jobs, grand créatif, procrastinait beaucoup.

 

Pour éviter de culpabiliser, il serait donc judicieux de différentier 2 types de tâches : d’une part, celles qui sont obligatoires, à planifier scrupuleusement dans l’agenda, et à respecter – d’autre part, celles qui concernent l’innovation, la création qui se nourrissent davantage de la dimension circulaire du temps que de l’échéance contrainte. Dans le premier cas, la rigueur s’impose, dans le deuxième, la souplesse et l’acceptation d’un autre rythme est à respecter.

Procrastinez donc allègrement quand vous créez, et n’en profitez pas pour ajouter cette attitude au registre de vos culpabilisations quotidiennes…

 

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