Pourquoi je suis Charlie…

Je n’ai pas l’habitude de commenter l’actualité sur mon blog. Ce n’est pas l’endroit. Ici, je publie plutôt des idées, des propositions intemporelles, je fais aussi la promotion de mes services d’entrepreneur indépendant. C’est un outil de travail et de réflexion professionnelle.

je suis charliePourtant cette nuit, j’ai pensé qu’il aurait été magnifique qu’en ce jour de deuil national, tous les français et au delà, tous ceux qui croient en les vertus de la paix, sortent à midi, dans la rue pour la minute de silence décrétée. Imaginez 70 millions de personnes dans les villes, dans les villages, dans les usines, sur les chantiers, dans les commerces, les aéroports, les écoles, les administrations, les maisons de retraites, etc… tous dans la rue, au pied de chez soi ou de son boulot pour 1 minute en silence…

 

La paix vient de subir un acte de guerre.

 

En matière de guerre, mes maîtres à penser s’appellent Gandhi, Mandela, Martin Luther King, Aung San Suu Kyi, Georges Brassens, ma mère, mes coach…  Il y en a bien d’autres évidemment, c’est juste mon histoire. Et puis des livres, je pense instantanément aux 4 accords Toltèques parmi un foisonnement à lire…

 

Je pourrais aussi parler de mon oncle Paul, prêtre à Rouen et qui m’a hébergé quand j’étais étudiant. Il avait accueilli pendant plus de 50 ans dans les foyers qu’il avait créés, des centaines d’anciens détenus, sortis de prisons et en recherche de réinsertion.  Je les croisais tous les jours.
Un jour que je lui demandais : « oncle Paul, combien pensez-vous en avoir aidé à s’en sortir vraiment, de tous ces hommes (dont le bras droit du funeste Mesrine) et femmes qui sont passés dans vos foyers depuis 50 ans ? » Du haut de son mètre soixante, ses 80 ans, me cherchant du regard dans le petit cercle encore en marche de son seul œil valide, il m’avait dit : « 1… Peut être 2 ». Il m’avait répondu sans regret, ni désolation, ni résignation. Une vie de dévouement, un résultat extraordinaire : « Sauver » 1 voire 2 personnes. 

 

Chaque goutte d’eau est utile à l’océan.

 

Je n’ai jamais acheté ni lu Charlie hebdo. J’ai eu la chance de naitre dans un pays où chacun détient ce droit extraordinaire de pouvoir exprimer ses opinions. J’ai aussi voyagé dans plus de 50 pays, y compris des dictatures comme celle de Ceaucescu… Cette liberté d’expression, de la caricature, du RIRE est fondamentale, inaliénable. On nous l’envie encore dans bien des coins du monde.

 

Je n’ai jamais lu Charlie hebdo mais aujourd’hui je suis Charlie. 

 

Nous avons conquis la paix (en Europe) après des millénaires de guerres. Pour gagner ce bien précieux, le prix à payer a dépassé toutes les horreurs imaginables. Mon ami Antoine me disait un jour, quand nous étions étudiants : « quand 2 personnes ne sont pas d’accord, si elles commencent à se battre, elle ne sont pas plus d’accord après les coups »… Beau raccourci, n’est-ce pas ? J’ai assisté un jour à une conférence sur le mot « sacré », mot pour lequel j’avais beaucoup d’interrogations. De cette conférence, j’ai retenu une chose essentielle : par dessus tout, la vie est sacrée.

 

La paix est notre bien le plus précieux.

 

Bâtir une planète des nations, des communautés, des diversités, des singularités, n’est-ce pas donner le droit à chacun d’exprimer sa pensée ? Doit-on donner une limite à l’humour affiché ou se poser la question du pourquoi il dérange ?

 

Aujourd’hui, je suis Charlie. Aujourd’hui, à midi, je sortirai de mon bureau dans la rue pour une minute de silence.
Prendre soin de sa goutte d’eau et continuer à vivre debout…

NB : je n’étais pas pas seul à midi… dans la pépinière où je travaille, pendant que je publiais mon article, un appel a été lancé pour que toutes les entreprises se retrouvent sur la pelouse du bâtiment principal. Nous étions surement plus de 200 sur la pelouse, je n’en connaissais pas plus de 10. A midi pile, comme certaines conversations étaient en cours, j’ai lancé « il est midi ». Immédiatement, tout le monde s’est tu. Après plus de 2 minutes de silence, sans aucune délégation de le faire, j’ai crié « je suis Charlie », cri repris par quelques uns tout en quittant doucement les lieux.

Plusieurs de mes connaissances ont motivé leurs patrons de faire la même chose à Aix-en-Provence, Abidjan, Avignon… la goutte d’eau…

Finalement, je pense que cet article a aussi un lien avec l’intelligence collective.