Un groupe Mastermind, ce n’est pas une formation…

Dans cette vidéo que j’ai tournée lors d’une journée Mastermind que j’anime régulièrement, j’explique qu’un groupe Mastermind, ce n’est pas une formation… Le groupe Mastermind existe au moins pour 2 bonnes raisons…

 

Quelles sont ces 2 raisons ? Pourquoi un groupe Mastermind serait-il une « contrainte choisie » ? Qu’est-ce que j’entends par là ?

 

Quand on est « entreprenant », on déborde souvent de créativité. Les idées foisonnent dans un beau désordre. Quelle inspiration est-elle la meilleure ? Quelle idée faut-il approfondir ?

S’attendre à ce que le groupe Mastermind apporte une idée géniale est probablement une fausse piste. Certes, la contribution d’une dizaine de personnes en miroir de notre projet, de notre interrogation, de notre épreuve à traverser, de notre défi à relever est essentielle. Cependant, elle est probablement essentielle ailleurs que dans l’idée géniale. J’entends très souvent dans les hot-seat des réactions du type « j’avais déjà presque toutes les idées que l’on m’a suggérées ». Alors tout cela n’a-t-il servi à rien ? Et bien non, cela a servi dans une autre sphère que celle des idées ! Les mêmes qui n’ont pas entendu l’idée géniale disent à quel point le hot-seat les a « troublés », « boostés », « dérangés », « étonnés », « confirmés », « infirmés »… Les mêmes reconnaissent, dans la durée, que ces hot-seat les a mis sur un chemin de transformation !

 

L’enjeu est-il principalement dans la production d’idées ? Je crois que non. L’un des soucis des « entreprenants » est qu’ils ont beaucoup d’idées, dont certaines servent surtout à s’encombrer, à s’occuper prioritairement sur ce qui leur permet de ne pas se concentrer sur l’essentiel. C’est un jeu habituel que vous connaissez peut-être : « je sais que je dois faire cette action essentielle. Avant cela, je vais concentrer mon attention et mon énergie sur une autre action secondaire qui me sert d’excuse à ne pas adresser le vrai problème ».

 

Le groupe Mastermind n’est pas dupe. Il va renvoyer au candidat en hot-seat (avec des mots ou des ressentis exprimés de 1000 façons) des feed-back du type : « ouahaou tu vibres super bien sur ce thème-là » ou bien, à l’autre extrémité su spectre : « tu nous racontes des carabistouilles, cela n’a pas l’air d’être le vrai sujet à traiter ».

 

1ère bonne raison d’être d’un groupe Mastermind : la communauté d’entreprenants va pousser à aborder la vraie question, le sujet essentiel, en renvoyant par son miroir une image encourageante/stimulante au mastermindien, ou au contraire en lui renvoyant la fumée qu’il a lui-même émise.

 

Une fois qu’on est sur le vrai sujet, on est face aux mille et unes excuses pour ne pas passer à la « vraie » action. Tant de fausses pistes ne nous permettent-elles pas de nous échapper à notre destin glorieux ! Y compris la croyance « qui suis-je moi, pour réaliser cette grande oeuvre » ? Le syndrome de l’imposteur, le sentiment de ne pas être légitime accompagne de nombreux entreprenants (et encore plus les consultants). Le groupe Mastermind sert alors à confirmer le mastermindien à passer à son action essentielle.

 

Telle est la seconde bonne raison d’être d’un groupe Mastermind : la communauté soutien/encourage/stimule le passage à l’action.

 

Chacun vient donc pour prendre et donner dans le groupe. Rejoindre un groupe Mastermind signifie « je choisis ma contrainte« . Comme évoqué dans les nombreux séminaires et formations que j’ai animés, on est souvent plus respectueux des engagements qu’on prend avec les autres (« je vais jouer au tennis avec Jojo », « je vais chercher mon petit garçon à l’école », etc…), que le engagements que l’on prend avec soi-même.

 

A quoi sert donc un groupe Mastermind ? C’est ma conviction :

  1. à nous confirmer (ou pas) dans nos intuitions…
  2. à nous pousser à agir dans la bonne direction…

Je trouve ça déjà pas mal, et vous ?

Une formation c’est tout autre chose…

 

NB : si une ou deux idées géniales émergent, si des contacts entre mastermindiens donnent de nouvelles opportunités improbables, si quelques apports sur l’entreprenariat ouvrent de nouvelles pistes, c’est également bienvenu (of course)