Il n’a pas le moral, mettez vous au travail à coté de lui…

par | Equipe | 2 commentaires

fotolia_85498062_xsHier, je n’avais pas le moral. Quelques mauvaises nouvelles et un dossier compliqué, pas de solution facile et efficace à apporter au client. Sujet chronique à la déprime passagère – mais je crois que je ne suis pas le seul, j’ai entendu qu’Hergé sortait de ses déprimes très créatifs – je suis capable de rentrer dans une spirale intérieure qui me fait descendre vertigineusement en quelques secondes. C’est terrible pour moi, c’est terrible pour mon entourage, désemparé s’il n’a pas trouvé la bonne solution.

Peut-être avez-vous des collaborateurs qui tombent dans ces abimes parfois, moral dans les chaussettes, perte de confiance, irascibilité, incapacité à produire.

 

Quelles sont les erreurs fatales à ne pas commettre alors ?

 

 

  • prendre cela à la légère du style “c’est pas grave, arrête de te tourmenter pour rien !”
  • ignorer cet état en vous disant “ça lui passera” !
  • lui mettre la pression ou l’engueuler, probablement la pire des réactions !
  • le consoler comme un enfant (alors qu’il ne s’agit pas d’un caprice) !
  • faire des commentaires de nature psychologie de comptoir !

 

Le phénomène en cours chez votre collaborateur est connu. Il n’a rien de nouveau ni d’original. Il est juste là. Alors quoi faire ? Je suggère 4 étapes essentielles, capitales, efficaces :

1 – Ecouter, aussi longuement que possible, sans juger ! Capable de prendre une pente vertigineuse (je connais), le collaborateur a besoin de vider son sac. Il est probable qu’il se déprécie, qu’il évoque des problèmes largement surdimensionnés, qu’il engouffre l’univers dans un trou noir. Cela doit juste être exprimé, donc entendu. Les propos entendus, sans jugement, s’évaporent. Déjà, ça va un peu mieux. Surtout, éviter d’interrompre pour rentrer dans un débat, surtout éviter de s’éclipser. Pas facile, mais vous êtes en face de quelqu’un en difficulté (passagère), la priorité n’est-elle pas de l’aider ?

 

2 – Se remettre au travail à coté de lui, l’aider tranquillement à résoudre les premières étapes du problème technique. Passé le moment du sac à vider, le collaborateur a encore besoin de vous, son manager. Il s’agit de s’asseoir, ensemble, et commencer le travail de résolution du problème, ensemble. “S’asseoir” n’est pas une image. “S’asseoir” vraiment, à coté, pour se mettre dans la posture du travail commun. Là, quelques minutes peut-être, l’idée est de reprendre objectivement, le traitement du sujet en cours. Proposer quelques pistes, reprendre quelques chiffres, revoir des hypothèses, peu importe. Le processus en cours est “je te fais confiance, j’ai compris que tu es en difficulté, on va s’en sortir ensemble, je t’aide à te remettre en route”.

 

3 – Le laisser se remettre en route sans le déranger. Inutile de travailler toute la nuit à son coté pour résoudre le problème. Votre collaborateur va trouver, comme d’habitude, les solutions pour s’en sortir. Donc, après quelques minutes de travail, technique, sur le sujet, levez-vous tranquillement en confirmant que vous êtes disponible s’il a encore besoin de votre avis.

 

4 – Eviter de revenir lourdement sur l’incident. Le lendemain ou plus tard dans la journée, inutile de remettre l’incident sur la table. Juste un “ça va mieux ?” suffit largement. Il n’est jamais agréable de sentir le poids des mauvais moment ré encombrer le terrain. D’ailleurs, très probablement, ça va beaucoup mieux.

 

Il est étonnant aussi de constater que ces états de déprime passagère sont souvent l’étape préalable à de grands moments créatifs. C’est l’une des raisons pour lesquelles il convient de prendre un moment qualitatif pour s’occuper de votre collaborateur. Tout le monde est gagnant à la sortie.

Il n’a pas le moral… mettez vous au travail à coté de lui. Essayez, vous constaterez les résultats. Et si cette méthode marchait aussi en famille ???

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Cet article est dédié à Sandrine, Valérie et Alexandre 🙂

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2 Commentaires

  1. Pierre

    Personnellement, après avoir écouté la personne et lui avoir montré de l’empathie, j’utilise souvent l’humour et le rire (pas la moquerie). Quand je remarque l’esquisse d’un sourire sur le visage de l’autre, je sais que c’est gagné et qu’en m’asseyant à coté de lui comme tu l’expliques il pourra retrouver l’énergie nécessaire pour se remettre en route.

    Réponse
    • laurentdero6

      J’apprécie la différence soulignée entre humour et moquerie. Mélanger ces 2 formes de communication amène souvent des ennuis… Merci Pierre du commentaire 🙂

      Réponse

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Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

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