L’urgence, ça fait mal

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J’écris cet article dans le TGV. J’ai mal au cou et au dos, un peu aussi à la tête.

 

La situation est amusante : je suis en train de lancer un projet de vidéos que j’ai baptisé « le temps est mon choix ». Hors, depuis 13h, je suis pris dans une urgence. Le phénomène « urgence » est devenu très rare dans ma vie. Probablement qu’il est venu au moment où je travaille ce projet sur la maitrise du temps pour me rappeler le désordre que cause l’urgence.

Explications : mon TGV part à 14h15, il me faut 30 minutes pour aller à la gare s’il n’y a pas d’incidents de parcours. Ma pratique de l’anticipation me fait prendre la voiture en général 1 heure avant pour attraper sereinement ce train qui file comme le vent. Hors, à 13h, je reçois un message d’un partenaire signalant un problème dans un joli contrat avec l’un de mes clients. Je sais que mon client est déjà énervé d’une accumulation d’incidents. Je me mets en colère avec mon partenaire, la tension monte.

 

Je raccroche et m’interroge : « est-ce que je rappelle mon client tout de suite pour lui annoncer la mauvaise nouvelle ou est-ce que j’attends notre rendez-vous demain ? » Après réflexion, j’arbitre : mon client est impatient de résoudre le problème, si j’attends demain, non seulement je lui fais perdre un jour, mais en plus notre rendez-vous va être centré sur le problème en question au lieu de traiter l’objectif initialement fixé. J’appelle donc immédiatement mon client, qui bien entendu, est furieux et envisage d’annuler sa commande. Tout en tachant de trouver une solution, j’attrape mes affaires (déjà prêtes) pour partir, passe devant l’horloge qui affiche 13h40 ! Damned, je suis super à la bourre. J’en fais part à mon client toujours en ligne, nous abrégeons notre conversation et je démarre mon bolide. Heureusement, la route est dégagée, j’arrive à l’heure et là, incident de TGV, nous devons masser la population de 2 TGV dans un seul. Le voyage se fait donc au wagon bar, mal installé, en consultant et renvoyant moultes courriels et texto pour résoudre mon problème client.

En attendant, j’ai mal au cou, au dos, à la tête, j’ai roulé un peu trop vite et mangé quelques cochonneries dans le TGV. Bref, l’urgence, ça fait mal et cela encourage à l’auto-maltraitance et la prise de risques.

 

Quel enseignement apporte cet épisode ?

1 – Bien sur, je peux reporter toute la faute sur mon partenaire. En général on prend cette confortable position : ce n’est pas ma faute… Autre posture : analyser quelle anticipation a manqué dans ma propre prestation ! Et là, je trouve assez facilement des pistes de progrès : n’ai-je pas laissé des boucles ouvertes dans le processus d’échange avec mon partenaire ? Qu’est-ce qu’une boucle ouverte : c’est une action déléguée pour laquelle je n’ai pas reçu de confirmation claire et nette qu’elle est correctement exécutée. Dans l’échange vigoureux d’avec mon partenaire, je lui ai signifié que j’avais bien fourni les éléments demandés le 11 février (et nous sommes le 26 mars) ! Cependant, je n’avais pas demandé une ferme confirmation que le dossier était bien conforme. La boucle est restée ouverte – j’aurais du poser une alerte dans mon plan d’actions vers le 15 février pour obtenir validation. Conclusion : cette urgence, dont on voit les conséquences (douleurs physiques, excès pris au volant, et risques d’annulation de la commande), comporte des sources qui m’appartiennent.
2 – Comme j’étais prêt à partir (dossiers dans mon cartable, sac de voyage bouclé) bien avant l’occurrence de l’urgence, j’ai pu prendre le sujet à bras le corps et y concentrer toute mon attention. Être prêt en avance demeure toujours une clé majeure pour maitriser son temps…

 

Je reviends, dans mon projet « le temps est mon choix » sur cette notion relative à l’urgence. L’urgence ne fait-elle pas référence à une priorité non traitée à temps ?

 

NB : en me rendant au rendez-vous du lendemain, une annonce est faite dans le métro que la station où je prévois de descendre est fermée au public. Bien sur, je suis en avance (pour être à l’heure, j’ai toujours de la marge). Cet incident supplémentaire montre bien que l’urgence s’anticipe 🙂

NNB : j’ai réussi à récupérer cette affaire compromise. J’y laisse des plumes, c’est le prix à payer des erreurs. L’urgence, ça fait mal (au cou, au dos, au porte-monnaie, à la vie !)

 

Qu’en pensez-vous ?

 

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Co-auteur du livre “Les groupes Mastermind, accélérateurs de réussite”, premier ouvrage publié en français sur le sujet. Co-écrit en intelligence collective. Egalement disponible en anglais et en espagnol.

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Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

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Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

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