Dans cette vidéo, je relate l’introduction que j’ai faite lors d’une journée que j’ai animée autour de la capitalisation des savoirs acquis par une dizaine de managers – journée ultime d’un cycle de 12 jours de formation…

Écoutez la fable et lisez le texte original ci-dessous…

 

 

 

Texte original de la fable :

“Quatre étudiants étaient partis sur les routes à la recherche de la fortune. Les trois premiers avaient tant appris qu’ils étaient devenus des savants diplômés, mais il leur manquait un peu de bon sens et d’intelligence pratique. Le quatrième au contraire était très réfléchi et débrouillard, mais peu versé dans les études.

En chemin, ils se disputaient sur les valeurs respectives de l’érudition et de l’intelligence.

Arrivés dans une forêt, ils aperçurent les ossements d’un lion mort. Les trois savants voulurent démontrer au quatrième étudiant l’étendue de leur savoir.

– Nous allons lui rendre la vie, affirmèrent-ils.

– Moi, dit le premier, grâce à ma science, j’assemblerai ses os.

– Moi, dit le deuxième, je lui redonnerai sa chair et son sang.

– Moi, dit le troisième, je lui rendrai le souffle de la vie.

 

Et ils se mirent aussitôt au travail. Le premier assembla les os. Le deuxième l’habilla en chair. Mais, au moment où le troisième s’apprêtait à lui redonner vie, le quatrième essaya de l’en empêcher :

– Ne vois-tu pas que c’est un lion ! Si tu lui redonnes la vie, il va tous nous dévorer !

Mais les 3 autres réagirent avec arrogance et l’envoyèrent promener :

– Tais-toi ! Tu n’es qu’un ignorant. Rien ne doit entraver la marche de la science !

Comprenant que rien ne pourrait les arrêter, le quatrième fila sans tarder se mettre à l’abri au sommet d’un arbre.

Quand le lion retrouva la vie,  il retrouva aussi la faim. Il se jeta sur les trois érudits et les dévora. Puis il s’éloigna vers sa tanière et le plus  futé des quatre put descendre sain et sauf de son arbre.”

D’après le Pancatantra, recueil de sanskrits du IIème au VIème siècle


 

Qu’est-ce que cette fable vous inspire ?

A votre avis, pourquoi ai-je lu ce texte pour introduire une journée de travail sur la capitalisation des savoirs ?

 

5 Comments

  1. Nicorazon

    C’est aussi la différence entre le savoir et la réflexion. Il n’y a pas nécessité d’être savant pour être intelligent : non seulement savoir, mais aussi savoir qu’on sait ou savoir qu’on ne sait pas. Voir le film sur Hannah Arendt de 2013.
    Cela dit, on ne pourra empêcher l’homme de tout expérimenter : redonner la vie à un lion ou à des dinosaures (Jurassik Park) reste une aspiration humaine.
    Dans une discussion avec un groupe de médecins autour du principe de précaution, il y avait débat : interdire une expérience parce que c’est dangereux, c’est bloquer la recherche (surtout en médecine où c’est tellement essentiel).
    Alors jusqu’où aller ? Nous étions restés sur le fait qu’il faut poursuivre une recherche, même périlleuse, tant qu’elle est réversible. C’est quand on ne peut plus revenir en arrière que le péril peut devenir mortel.
    En ce qui concerne les 3 premiers étudiants, les 2 premiers peuvent revenir en arrière. Il s’agit de mécanique. Le troisième non : Insuffler la vie, c’est induire un processus irréversible.
    Quant au quatrième, je n’ai pas une admiration pour lui. Il n’a fait que sauver sa vie, comme Noë qui s’est planqué dans son arche, avec ses petites certitudes, tandis que le Déluge s’abattait : mythe sur lequel j’ai une opinion politiquement pas correcte.
    Et puis le lion, il est le roi des animaux ! Le quatrième ira peut-être se prosterner devant lui ?
    Voilà voilà ma petite contribution.

    Reply
    • Laurent

      J’aime bien ton commentaire…

      Pour moi, il ne s’agit pas d’admirer le 4ème étudiant.

      Plutôt de constater que du haut de leur superbe, les 3 premiers oublient les bases du bon sens. Dans une entreprise, la contribution de chacun est essentielle, en particulier dans le registre de “l’analyse du risque”.

      Malheureusement, les sachants ont parfois les yeux embués de leur science,les oreilles bouchées de leur pouvoir…

      Reply
  2. Pier

    Une fable qui me crie avec force “attention aux experts et tout ce qu’ils sont capables de faire au nom de leur expertise” on se croirait quasiment revenu au temps des croisés qui se battaient au non du seul vrai Dieu Et pour “sécuriser la route des pèlerins”. Au nom de quoi doit – mettre en péril l’existence des autres ou plus large de l’humanité…
    Les trois étudiant avaient au fil de leurs connaissances collectives acquis la capacité de reconstituer la vie… Et le dernier est simplement resté à l’état naturel en développant instinct de survie. Le bon sens voudrait que la vie soit la dernière chose qu’on perde en ce monde avant de se rapprocher du divin selon la religion judéo chrétienne. Mais si nos connaissances et croyances relègue nos propres vies ou celle des autres au second plan des choses à sauvegarder, j’en conclue de l’excès de connaissances conduit à la betise, mieux à la folie.
    L’écoute des autres permet à certains égards de ne pas franchir la mince ligne qui sépare l’irrationnel de la réalité, l’humain du divin et enfin le bon sens de la betise.

    D’aucun diront certainement que le 4ème étudiant est un lâché ou est moins savant … Mais l’adage dit vaut mieux un lâche vivant qu’un héros mort…
    Mettre ensemble nos connaissances devrait nous aider à aller plus loin et l’écoute des autres ou la prise en compte de l’avis des autres permet de se fixer des limites à ne pas franchir.

    Voilà ma contribution
    Bonne journée à vous

    Reply
  3. Laurent de Rauglaudre

    Merci Pier… réhabiliter le bon sens, faire confiance à son intuition, ne pas courber l’échine devant les puissants ou les sachants qui parfois utilisent exagérément leur pseudo pouvoir, c’est un vrai programme d’intelligence collective, non ?

    Reply
  4. Gaylord

    Pour ma part je dirai que bien qu’on soit savant ou pas on ne peut pas mettre nos vie en danger au profit de la science c’est à dire aller au delà car la science nous le permet,c’est la folie pur et simple.
    Sachant ou pas ,la complémentarité doit nous caracteriser,s’ils avaient laissé le quatrième s’exprimer et leur faire montre que cela finirai mal,je ne pense pas que le pire devrait arriver, mais je condamne également le dernier par rapport à son attitude, fuire n’est pas une solution mais persuader et user de toutes ses ressources pour demontrer la veracité de sa thèse et le danger qui se pointe car lorsqu’on veut une chose on peut dit-on,il devait necessairement trouver un moyen de les faire raisonner. Telle est ma contribution bonne soirée à tous…

    Reply

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groupe mastermind

Co-auteur du livre “Les groupes Mastermind, accélérateurs de réussite”, premier ouvrage publié en français sur le sujet. Co-écrit en intelligence collective. Egalement disponible en anglais et en espagnol.

Hé hé, c’est quoi un consultant libre ?

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Laurent de Rauglaudre

Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

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– du 6 au 14 novembre 2021