Quelle est la force qui gouverne le projet ?

by | Projet, Vidéos | 4 comments

Le texte de cette vidéo est en deuxième page de l’article…

Le fameux triangle (qualité/coût/délai) présenté en début de toute formation management de projet, comment le comprendre et l’appliquer dans son plan stratégique ?

 

 

C’est un test, répondez au questionnaire suivant :

  • Supposez que votre projet consiste à mettre sur le marché un médicament qui éradique une maladie très grave. A votre avis, quelle force gouverne le projet ?
    1. La qualité
    2. Le budget
    3. Le délai

 

  • Supposez que votre projet consiste à organiser la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques. A votre avis, quelle force gouverne le projet ?
    1. La qualité
    2. Le budget
    3. Le délai

 

  • Supposez que votre projet consiste à organiser une conférence commerciale avec des centaines de participants, en pleine période de crise. A votre avis, quelle force gouverne le projet ?
    1. La qualité
    2. Le budget
    3. Le délai

 

  • Supposez que votre projet consiste à organiser le lancement d’une fusée dans l’espace avec 3 spationautes à bord. A votre avis, quelle force gouverne le projet ?
    1. La qualité
    2. Le budget
    3. Le délai
 
Je pourrais continuer à faire une liste à la Prévert de projets à diriger à l’intérieur du triangle “qualité/coût/délai”. On peut s’apercevoir que chaque projet cache en son sein une contrainte supérieure aux autres. Dans les 4 cas listés ci-dessus, quel est votre verdict (vous pouvez l’indiquer en commentaires) ?
 

Ce qui est certain, c’est qu’au delà de l’injonction – qui vient souvent du client – “plus vite, mieux et moins cher”, on se raconte des histoires. Combien de projets arrivent à l’heure, en plein dans les spécifications initiales, et pile dans le budget ? La proportion est probablement très faible, d’autant plus que n’est pas identifiée, dès le départ, la force qui véritablement gouverne. La force qui gouverne, c’est celle sur laquelle aucune négociation n’est possible. Il reste au chef de projet, les 2 autres leviers :

  • si la date est non négociable (exemple du bogue de l’an 2000), le chef de projet ne peut agir que sur les 2 autres forces = les moyens ($$$$$), le niveau de prestation (au moins aussi bon que les concurrents)
  • si le budget est non négociable, les leviers sont la date de livraison et le niveau de conformité aux spécifications (qu’on peut toujours amender)
  • si la qualité doit être irréprochable, on peut négocier la date et le budget.

 

En négligeant le travail d’intime compréhension du triangle coût/qualité/délai, le Chef de Projet rate une étape essentielle de son analyse initiale, y compris celle de la mise en place des bons ressorts de pouvoir. Et ça, c’est une autre histoire…

Le texte de la vidéo est en page 2, donnez votre avis sur la force qui domine chacun des projets ci-dessus…
 

Pour aller plus loin écoutez la webconférence :

7 clés pour réussir votre Comité de Pilotage projet

 

4 Comments

  1. Delve Nodem

    Bonjour Laurent,
    Je suis un jeune ingénieur qui travaille dans une entreprise de TELECOMS et je pourrais bientôt être promus à un poste de responsabilité. Le problème est que tout mes collaborateurs me détestent et font toujours tout pour saboter mon travail. Alors d’après vous comment devrait je me comporter envers eux, vu que allons quand mémé collaborer?

    Reply
  2. Laurent de Rauglaudre

    Bonjour,
    la première question à vous poser est “pourquoi mes collaborateurs me détestent ?”. La seconde question : “comment faire pour que mes collaborateurs m’apprécient ?”. Il s’agit de montrer votre compétence en aidant vos collaborateurs. Quand on aide autrui, en retour il vous apprécie. Quels sont les modèles de managers que vous avez en tête ? Peut-être que ce ne sont pas les bons modèles à imiter… J’espère que ça aide.
    Laurent

    Reply
  3. Delve Nodem

    Merci pour le début de solution. Je pense que mes collaboration me détestent parce que je suis le plus intelligent et que j’ai toujours été le plus habileté à briguer ce poste. J’ai pensé qu’à ma prise de service, je devrai laisser une semaine à chacun pour me dire ce qu’il a dans le cœur sans riposter méme si je me fais insulter. Ensuite je remet ma casquette de responsable. Quel est votre avis?

    Reply
  4. Laurent de Rauglaudre

    Il est possible que vous soyez le plus intelligent. Le trop d’intelligence parfois être un handicap dans le management – à ce propos, vous pouvez télécharger et lire l’introduction du guide que je propose gratuitement. Vous pouvez aussi souscrire à mon offre de coaching en ligne (voir offre dans la barre de menu) ou également consulter ce site d’une collègue : https://dixit-hautpotentiel.com/

    NB : la casquette de responsable, vous l’avez même quand vous écoutez ce que chacun a sur le coeur, et vous ne devriez accepter les insultes de qui que ce soit (c’est une faute professionnelle d’insulter qui que ce soit).

    Reply

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Co-auteur du livre “Les groupes Mastermind, accélérateurs de réussite”, premier ouvrage publié en français sur le sujet. Co-écrit en intelligence collective. Egalement disponible en anglais et en espagnol.

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Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

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