Loi des 5 fautes progressives…

by | Equipe, Leadership | 5 comments

La loi des 5 fautes progressives est à afficher au-dessus du bureau de tout bon manager, quelques lignes à méditer chaque matin pour digérer, dans l’action quotidienne, cette sagesse plusieurs fois millénaire… Lisez plutôt :

 

Loi des 5 fautes progressives

La compétence est dans le royaume 

1ère faute
Ne pas savoir que des gens compétents existent dans le royaume

2ème faute (plus grave)
Savoir qu’ils existent mais ne pas les utiliser

3ème faute (très grave)
Les utiliser, mais à mauvais escient

4ème faute (extrêmement grave)
Utiliser les hommes compétents à bon escient mais les piétiner ou les laisser piétiner

5ème faute (impardonnable)
Les laisser passer à l’ennemi

(Auteur parait-il : dynastie Zhou, Chine, -1050-245 av JC)

 

La loi des 5 fautes progressives en entreprise

Que mettent en place les managers pour éviter de tomber dans ces erreurs de plus en plus graves ? Quel manager connait les compétences de chaque membre de son équipe, au delà de celles utilisées directement sur la responsabilité en cours ? Quel manager s’intéresse aux nouvelles aspirations professionnelles de ses collaborateurs ? Quel manager pose la question : “vers quel métier, quelle responsabilité souhaites-tu évoluer ?”

 

Le métier de manager change dans la société de l’information. Si au 19 et 20ème siècle, le métier de manager est apparu avec l’industrie et le découpage en morceaux identifiés de taches élémentaires de la fonction travail, une grande partie de l’action professionnelle des sociétés développées s’inscrit après l’an 2000 dans la créativité, la gestion de situations nouvelles et imprévues, dans la capacité à appréhender une univers toujours plus complexe.

 

Parallèlement aux fonctions quotidiennes, chaque membre d’une équipe développe, grâce à l’accès à l’information et la formation, à de multiples nouvelles compétences. A titre personnel, en rajoutant WordPress à mes compétences – sans être un expert, je peux maintenant jongler avec un outil très utile pour développer la puissance de communication.

 

Même si ces compétences sont identifiées, le manager peu sur de lui, n’ose pas toujours encourager un équipier à aller plus loin. Cruelle erreur repérée depuis les temps anciens. L’une des sources de la motivation n’est-elle pas de valoriser tous les savoir-faire ? Écoutez l’excellente vidéo de Ted (américain – pour équilibrer après la Chine) sur l’argent et la motivation, que j’ai commentée, à ce sujet. Plutôt qu’encourager un collaborateur dans ses compétences et ses motivations, croyant garder un pouvoir (bien maigre et qui reste toujours passager), la troisième faute grave – utiliser les compétences, mais à mauvais escient – prépare le lit du découragement.

 

Je crois détecter dans la 4ème faute – Utiliser les hommes compétents à bon escient mais les piétiner ou les laisser piétiner – le manque de maturité du manager. Il arrive souvent que par peur de voir un compagnon de route devenir meilleur que lui, le manager préfère le laisser s’embourber voire démolir dans une situation difficile. Catastrophique ! Au lieu d’aider le collaborateur en difficulté, peut-être inconsciemment, le boss croit garder sa position de pouvoir alors qu’il est en train de l’affaiblir.

La conséquence se lit dans la 5ème faute !

 

En réalité, quand on a un collaborateur à fort potentiel, il existe 2 possibilités :

  1. L’encourager à réussir quitte à ce qu’il s’envole dans la hiérarchie ou vers de nouveaux horizons professionnels.

    Dans ce cas, le manager avisé se fait un allié pour toujours.

  2. L’empêcher de réussir ou l’abandonner

    Dans ce cas, le manager maladroit ou manquant de discernement se fait un ennemi, ou se crée un collaborateur démotivé.

Passé à l’ennemi, l’ancien compagnon peut se révéler un redoutable adversaire, puisqu’il connait les plans, les stratégies, les forces en présence…

 

Allez-y, commentez ces 5 fautes progressives. Connues depuis l’antiquité, en avez-vous conscience ?
 

5 Comments

  1. Samuel@motivation-au-travail

    Bravo pour cette loi des 5 fautes progressives !

    Cet article ne manque pas d’humour et effectivement, voilà un bon résumé à garder en tête quand on est manager.

    Dommage que la métaphore soit guerrière, mais l’auteur n’est pas tout à fait de notre génération ! (-1050-245 av JC)

    Pour déculpabiliser un peu le manager, j’aime également rappeler 2 postulats de base :

    1. Le management est un art !
    (Ce n’est pas une science exacte, on ne peut pas rentrer les collaborateurs dans des grilles et des cases)

    2. Quoi que l’on fasse, on fait mal !
    (chaque décision présentera des avantage ET inconvénients)

    Cdt. Samuel

    Reply
  2. Laurent

    Je suis d’accord sur “le management est un art”, plus proche d’ailleurs du sens “artisanat” : on travaille la matière humaine, dont la complexité des lois de fonctionnement parait sans limite.

    Je suis plus dubitatif sur “quoi que l’on fasse, on le fait mal”. En arbitrant, on laisse de coté certains possibles, on décide en approximation. “Mal” porte un jugement de valeur, voire un risque de “culpabilisation”. J’aime bien le 4ème accord toltèques : “fais toujours de ton mieux”, en sachant que le mieux n’est pas toujours de même niveau…

    Reply
  3. Samuel@motivation-au-travail

    Bonjour Laurent,

    Ok pour cette notion de culpabilité qui est plutôt dommageable.

    Mais cette notion n’est-elle pas également dans le mot “faute” ? 😉

    Haaaa, la langue française et ses subtilités !

    Reply
  4. nicorazon

    J’ai exactement expérimenté cela il y a un an, comme victime, j’entends.
    Conclusion, je suis passé à l’ennemi !

    Deuxième chose : la culpabilité n’est pas mauvaise en soi. Il y a une bonne et une mauvaise culpabilité. La bonne est celle qui est réelle, est objet de droit et fonde la justice sociale. La mauvaise est celle qui détruit psychologiquement un individu, une communauté, voire une nation… pour des raisons qui ne sont plus historiquement ou méthodologiquement pertinentes -ou qui ont trait à une pathologie.

    Reply

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  2. Le droit à l'erreur, grille d'analyse en 6 points - […] en commentant cet article… au fait, qu’elle est la différence entre erreur et faute […]

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Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

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