Appropriez-vous 4 postures nouvelles si vous passez du rôle de manager opérationnel à fonctionnel

by | Podcasts, Progresser | 2 comments

Il est courant de passer d’un poste opérationnel à fonctionnel. L’opérationnel, à fond sur ses objectifs court-terme se retrouve à travailler de manière beaucoup plus conceptuelle. Comment réussir ce passage délicat ?

Ecoutez cet article en podcast :

 

Pour beaucoup de cadres, quitter un poste opérationnel demeure un défi compliqué.

Habitué à la « dictature du chiffre », aux incidents nombreux de la vie quotidienne, à l’agenda débordant, aux exigences croissantes des normes, des attentes des dirigeants, des clients, des collaborateurs, des partenaires, de la famille, etc…, le manager qui passe soudain de cette mission très concrète vers un poste fonctionnel s’en trouve tout décontenancé. Dans un job opérationnel à la vente, aux achats, à l’industrie, à la finance, au marketing, le manager opérationnel est cerné. Job opérationnel rime avec court terme, pression, résultats, crises, incidents.

 

Quand le manager opérationnel passe à un poste de manager fonctionnel, d’un seul coup, du jour au lendemain, tout s’évapore :

  • le téléphone ne sonne plus
  • plus personne n’entre dans le bureau
  • il n’y a plus de budget
  • il n’y a plus d’incidents
Le vide existentiel…

 

Management opérationnel à fonctionnel, quelle différence ?

Voici quelques exemples de jobs opérationnels : directeur commercial, responsable de production, contrôleur de gestion, responsable formation, etc…

Voici quelques exemples de jobs fonctionnels : chargé de mission, conseiller du directeur, consultant interne, etc…

 

Ce changement de responsabilité peut entrainer un profond bouleversement intérieur : « quoi, j’étais très occupé, sollicité de toute part, sur la brèche au quotidien, j’avais des troupes, j’existais ! Maintenant, il semble que j’ai disparu… »

🙁

 

Le manager fonctionnel oublie qu’il a tout proche l’oreille des « puissants », qu’il peut enfin développer un gisement de créativité personnelle qu’il n’a pas eu le temps de faire fleurir, que ce métier fonctionnel peut devenir un tremplin pour de plus grandes fonctions. J’ai souvent constaté que les « bras droits » se trouvent propulsés – on le voit en entreprise comme en politique : un Dominique de Villepin, conseiller du président (job d’influence), devient ensuite premier ministre (job opérationnel s’il en est !). A titre personnel, j’ai vécu à plusieurs reprises ce type de situation, et me suis trouvé un peu perdu au début. Pour avoir observé ces virages de carrière, je propose 4 postures nouvelles à s’approprier pour passer du rôle de manager opérationnel à fonctionnel :

 

1 – Prendre conscience

La première posture (intérieure) est la prise de conscience. La nouvelle mission n’est plus scandée par la mise en œuvre, l’atteinte d’objectifs principalement quantitatifs. Le nouveau poste – souvent présenté comme une récompense, une reconnaissance – est celui de la créativité, de l’influence, du travail hors du cadre. Si l’heureux élu a été performant sur le terrain, l’entreprise souhaite exploiter ses talents pour déployer. Un tel poste se rapproche de la mission d’un entrepreneur (à l’abri cependant) car tout est à inventer.

Cette prise de conscience permet de relativiser les inquiétudes liées à l’isolement, à la valeur ajoutée intangible, au registre des incertitudes…

 

2 – Apprendre à faire réfléchir les puissants

Corollaire de la prise de conscience, le job fonctionnel est un métier d’influence davantage que de réalisation concrète. Il s’agit de passer de l’affirmation au langage du questionnement pour “faire réfléchir les puissants”. En effet, la dimension fonctionnelle éloigne du terrain, approche du pouvoir. Paradoxaux, les “hommes et femmes de pouvoir” ont besoin d’être entourés de personnalités qui les font réfléchir, les poussent dans leur retranchement, tout en sentant leur trône est respecté. Tout un art de la communication à développer, entre oser remettre en question et accepter la décision éloignée de sa propre appréciation.

Si le manager fonctionnel met dans son outillage la question plutôt que l’affirmation, l’effet miroir plutôt que la confrontation, il accompagne efficacement le leader en recherche permanente d’innovation, d’initiative, d’analyse de risques, etc…

Pour faire réfléchir, comment s’y prendre ?
(NB : la réponse est dans la question)

3 – Se former au management de projet, aux méthodes d’intelligence collective, lire, cultiver le “développement personnel”

En situation de management fonctionnel, l’agenda se dégage. Il existe de grandes plages de disponibilités. Métier d’influence comme on l’a vu, il devient urgent de mettre de nouvelles cordes à son arc. Tout le chantier du développement personnel, des lectures nourrissantes trouve sa place alors qu’il a peut-être été délaissé dans le tourbillon de l’action, l’action, l’action. De même, puisqu’il va s’agir de développer de nouvelles initiatives transversales, il est astucieux de se former au méthodes et techniques du management de projet, de l’intelligence collective.

Mettre le temps à profit et enfin prendre de la hauteur et de la profondeur, on en rêve quand on est submergé par les tâches opérationnelles, n’est-ce pas ? Alors c’est le moment !

 

4 – Attendre patiemment son heure

Les périodes de management fonctionnel sont des moments de « respiration » dans une carrière. A ces postes, les attentes du top management sont d’une autre nature : créativité, surprendre, oser faire réfléchir… Cela signifie-t-il que le tourbillon charmant des fonctions de terrain est terminé ? Que nenni !

Comme écrit plus haut, il est courant que les métiers fonctionnels deviennent des tremplins pour de nouveaux défis de haut vol. Travailler au contact des “puissants” leur donne souvent des idées : la personne de confiance peut se trouver propulsée du jour au lendemain à un poste opérationnel à grand risque ou géographiquement lointain. Quand le top manager a pu évaluer dans une relation rapprochée un candidat dans la durée, il est susceptible de le sélectionner en priorité.

La posture consiste ici à savoir attendre, dans une position peut-être pas si inconfortable que cela, que l’heure sonne… pour une nouvelle mission ou pour la retraite 🙂

 


 

Opérationnel à fonctionnel : il s’agit de prendre conscience, faire réfléchir, se former, attendre son heure, 4 nouvelles postures intérieures… facile à vivre ?

 

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2 Comments

  1. PJ FAVIER

    En ma qualité de dirigeant d’entreprise et d’expert comptable conseil des entreprises je dois passer souvent de l’opérationnel (qui est parfois du fonctionnel externalisé) au fonctionnel (et réciproquement) .
    C’est passionnant mais très prenant. Toujours veiller à ce que le CT, souvent l’opérationnel, ne prime pas sur le fonctionnel. Distinguer l’urgent de l’important, le savoir faire du savoir être. Des grands classiques à revisiter quotidiennement.

    A noter que certaines personnalités se réalisent plus dans l’opérationnel, d’autres dans le fonctionnel. Bien se connaitre pour choisir me semble essentiel

    Reply
    • Laurent

      Commentaire très juste. Chacun a ses “préférences” professionnelles. Cela dit, en entreprise, il arrive qu’on nous affecte sur un poste qui n’a pas notre préférence, et il convient de s’y adapter… pour un temps (rien ne dure éternellement). Etre conscient des différences de fonds entre un métier fonctionnel et un métier opérationnel, peut servir à mieux s’adapter…

      Reply

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  1. 10 risques à être entrepreneur plutôt que salarié... - Laurent de RauglaudreLaurent de Rauglaudre - […] passe, pour répondre à toutes les obligations légales. Ces services, mal nommés “fonctionnels“, contribuent à la création de valeur…

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Co-auteur du livre “Les groupes Mastermind, accélérateurs de réussite”, premier ouvrage publié en français sur le sujet. Co-écrit en intelligence collective. Egalement disponible en anglais et en espagnol.

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Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

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