Comment réussir ma présentation ? 12 points clés…

par | Communiquer, Podcasts | 14 commentaires

“Comment réussir ma présentation ?” : cette question vous préoccupe ? Vous avez raison, le pourcentage des présentations ennuyeuses reste très élevé par manque de préparation et de conscience des fondamentaux de l’exercice…

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“Comment réussir ma présentation ?”
Posez-vous la question avant une intervention à votre équipe ou à un large auditoire… Comment transformer une présentation powerpoint (ou keynote) ennuyeuse en une prise de parole démontrant confiance en soi et stratégie de communication efficace ! Je vous propose 12 points clés pour réussir votre présentation.

 

Anecdote vécue…

Le petit-déjeuner d’affaires commence en retard, par l’introduction :

“Bon on va commencer, bienvenue, on va essayer de commencer avec le traditionnel retard de 15 minutes Avignonnais (la même excuse fait florès ailleurs, on parle alors de fameux retard “Parisien”, “Marseillais”, “Lyonnais”, “Nantais”, “Rouennais”…)

Ah, ah, ah (car cette bonne astuce du retard fait toujours rire) !

Vous allez bien ? (un beuhhhh mou remonte de la salle).

Jojo, tu peux afficher la 2ème diapositive ? Merci. Alors voyons quel menu vous attend aujourd’hui ?” etc…

La diapositive projetée et les suivantes sont des encombrements de mots et de schémas enchevêtrés que l’orateur prend soin de regarder les 3 quarts du temps, pour à la fois chercher ce qu’il doit dire, et se rassurer en évitant de regarder les yeux des participants.

Ils sont plusieurs présentateurs, la salle est disposée en U, ils se tiennent sur le coté derrière l’écran de leur PC. Nous sommes 20 dans la salle, inconnus les uns des autres. La présentation a commencé en retard, elle finira d’ailleurs en retard. Chacun se congratule sur la normalité de la chose. Les présentations se suivent, techniques et pointues, chargés de nombreux acronymes. Les diapositives sont complexes, illisibles, rassurent les présentateurs qui pensent ainsi couvrir l’exhaustivité du sujet. Aucune interaction, 1 ou 2 courageux se lancent dans une question en toute fin de présentation, qui ne peut pas vraiment être traitée.

Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

 

Voici quelques insupportables pratiques de présentateurs qui ont oublié de poser une attention à la qualité de leur intervention :

  • La powerpoint mania => maladie qui a pris une ampleur que le meilleur des virus envierait. Le powerpoint devient le substitut. La présentation est le powerpoint ! Le présentateur écrit tout ce qu’il a à dire dans un enchevêtrement de mots, d’acronymes, de longues phrases, dans le meilleur des cas de schémas aussi compliqués qu’ésotériques. L’assistance essaie en même temps de comprendre tout ce qui est écrit et d’écouter. Elle finit par se décourager, il y a trop de mots, trop de schémas, trop de planches, trop, trop, trop. De plus, le présentateur lit l’écran (alors qu’on n’a pas besoin de lui pour cela, on a appris à lire)… Dans la communication verbale, cette maladie devient fatale !

  • Le manque d’interaction/d’implication de l’assistance => angoissé d’être pris à défaut de savoir, ou pressé de finir, ou inconscient que l’apprentissage passe par l’implication, ou tout à la fois, le présentateur repousse les questions à la fin ou n’entre pas en relation avec son auditoire en restant confiné dans sa propre bulle d’expertise, dont personne ne l’extirpera. Chacun s’ennuie consciencieusement à sa place. Rares sont les audacieux qui osent s’échapper, fuir, pensant peut-être qu’il va se passer quelque chose d’intéressant…

  • Le défaut de préparation => habitué à intervenir en public, l’intervenant se fie à sa “grande expérience” ou sa “grande compétence technique” sans chercher un angle nouveau, une anecdote, une couleur différente qui lui permettrait de différencier sa patte, son offre, son analyse…

  • La position du présentateur dans la salle => tel un bon Égyptien en hiéroglyphes, le présentateur se tient de profil ce qui lui permet de lire l’écran (alors que ce qui est à l’écran est également affiché sur son ordinateur). S’il a beau profil à la limite, on peut se délasser en observant les doux contours de son faciès. Cependant, la probabilité est que l’absence de relation visuelle avec l’auditoire laisse ce dernier à sa sieste-yeux ouverts.

L’objectif du présentateur est-il atteint ? Que cherchait-il à faire ? Démontrer, proposer, argumenter, convaincre ? Avec les insupportables mauvaises pratiques de la powerpoint mania, tous ces objectifs sont ratés.

“Comment réussir ma présentation ?” est une question légitime, qui passe par une vraie prise de conscience de l’objectif principal à atteindre : la transmission du pourcentage le plus élevé possible du message aux participants.

Je vous suggère d’analyser et vous approprier…

12 points clés pour réussir votre présentation

1 – Passez 4 fois plus de temps à préparer votre présentation qu’à la dérouler

Je pense que je continuerai de passer une grande partie de mes formations à expliquer que la préparation est une clé de succès essentielle. Quand on monte sur scène, chaque détail est passé en revue par l’auditoire – c’est facile pour les spectateurs de juger l’acteur. Si on est bien préparé, du discours à l’organisation de la salle et des outils, non seulement on se donne une plus grande chance de réussite, mais on est moins stressé.

2 – Utilisez les diapositives comme supports “visuels” du discours

Les diapositives (il n’existe pas que powerpoint d’ailleurs, mois j’utilise keynote que je préfère largement) sont une aide, en particulier pour toucher les participants qui ont une tendance naturelle d’appropriation par l’image. Si la diapositive est le discours, c’est inutile ! Les points clés à l’écran, seulement les points clés, synthétiques, schématiques

Quand vous repassez vos diapositives pour correction, ayez en tête : “moins de mots, juste les mots clés, et des images !”

3 – Une seule idée par diapositive, de préférence illustrée par un schéma simple et quelques mots écrits en gros (on peut les lire à 10 mètres)

Cela parait évident… chaque diapositive supporte une seule idée. Autrement, on perd l’auditeur qui cherche les combinaisons. 1 diapositive = 1 idée majeure. Je répète : 1 diapositive : 1 seule idée. Je répète : 1 diapositive = 1 idée clé.

Et puis, cela va sans dire, pourtant on le voit tout le temps : des petits caractères que même les gens du premier rang ont du mal à lire. A quoi cela sert-il, à part de faire froncer les sourcils de l’auditoire – qui du coup n’écoute plus, car il cherche à lire et comprendre ce qui est affiché !

4 – Entrainez-vous à faire votre discours devant quelqu’un, éventuellement devant une glace

La préparation, c’est aussi répéter. Un discours répété est bien mieux interprété. Quand vous voyez une orateur brillant, dites-vous qu’il est super préparé. Un jour, dans les Caraïbes, le président d’une grande société américaine (VeriFone) m’a demandé de venir l’écouter car il devait faire un discours en français. Il m’avait étonné par son humilité dans la préparation…

Si personne n’est là pour vous écouter, entrainez-vous devant une glace, c’est un exercice très révélateur.

Entrainez-vous

5 – Démarrez à l’heure, finissez à l’heure

Que tout le monde soit là ou pas, démarrez à l’heure (lisez les 7 secrets pour être toujours à l’heureA quel titre respecte-t-on les retardataires et méprise-t-on ceux qui sont à l’heure ? Je mourrai sans avoir la réponse à cette question ingrate. A propos, pour finir à l’heure, il convient de repasser par la bonne habitude 4 et s’entrainer avec un chronomètre.

6 – Commencez par une anecdote originale

Tous les grands orateurs pratiquent cette astuce. Pour captiver tout de suite l’assistante, à bas les “euh, bonjour, on va peut-être essayer de démarrer avec juste les 15 minutes de retard Toulousaine, ah, ah, ah…”

Attaquez immédiatement avec une anecdote : “nous sommes le 11 septembre 2001, je suis à New York, etc…”. (NB de l’auteur : c’est vrai, j’étais à New York le 11 septembre 2001). Nous avons tous des anecdotes de vie qui permettent d’illustrer nos propos. A utiliser pour démarrer, ce n’est pas une option négociable 🙂

7 – Posez des questions ouvertes et précises à l’assistance

Plutôt que donner toutes les réponses, osez faire intervenir l’assistance. Plus vous demandez la participation par des questions simples et ouvertes, plus vous obtenez l’attention et l’adhésion, plus vous développez l’appropriation. Beaucoup d’intervenants se cachent derrière leur “savoir”, ce qui les rassurent. Pourtant, le message est plus puissant quand l’assistance s’implique.

NB : pas de questions complexes bien sur, les questions à l’assistance servent de relais, de transition, de point d’appui…

8 – Bougez dans la salle et ancrez vos pieds dans le sol

En tant que présentateur, la salle est votre terrain de jeu. Se rapprocher de l’auditoire, déambuler une ou deux fois dans les allées, donne de l’air à tout le monde.

Observez vous en train de parler, êtes-vous en train de sautiller ou vous déhancher d’une jambe sur l’autre, signe de manque de confiance. Une bonne méthode : pensez (tout en parlant) à enfoncer les orteils dans le sol, à ancrer les pieds. Cela renforce l’autorité.

9 – Regardez régulièrement tous les participants dans les yeux

Le regard circulaire et direct dans les yeux de tous les participants, régulièrement, pendant la présentation donne 2 atouts : maintenir leur attention et mesurer l’impact de votre discours;

Ce regard circulaire permet de réajuster votre propos, lancer une question, ou de dire “je vois des regards dubitatifs… est-il nécessaire d’approfondir tel ou tel point ?”

10 – Répondez à toutes les questions, tout de suite

Rien de plus frustrant que d’entendre un orateur dire “vous poserez vos questions à la fin”. A-t-il peur de perdre le fil (preuve qu’il n’est pas bien préparé, ou qu’il ne maitrise pas son sujet).

Quand une question fuse à l’improviste, chouette, c’est une preuve de l’intérêt des participants. Cette question rapproche de la salle. Il est toujours juste d’y répondre immédiatement et succinctement si le sujet est approfondi un peu plus tard dans la présentation.

11 – Privilégiez l’intensité à l’exhaustivité

Quelquefois, la salle nous emmène sur un terrain imprévu. Si ces détours sont manifestement le bon chemin à prendre à ce moment-là, à cet endroit-là, faites-le. Peut-être ne déroulerez-vous pas tout votre discours, peu importe. L’intensité est là puisqu’il y a riche échange.

Vous pouvez sauter quelques propos qui étaient prévus pour respecter l’horaire, ou bien demandez l’accord des participants pour prolonger la séance de quelques minutes (en étant précis “10 minutes” par exemple). L’intensité n’est-elle pas toujours plus essentielle que l’exhaustivité (qui à mes yeux est d’ailleurs un objectif illusoire, quelque soit le sujet) ?

12 – Finissez par une anecdote ou un propos qui élargit le sujet

Vous avez commencé par une anecdote, finissez en élargissant le discours, en ouvrant des perspectives.

Une anecdote subversive du discours précédent peut être bienvenue. Cela démontre qu’un sujet est toujours plus complexe qu’il ne parait, que vous n’êtes pas dupe, ni détenteur d’une vérité absolue (tout expert que vous puissiez être).

 


Ces habitudes ne sont-elles que des évidences ? Je ne suis pas certains que tous les intervenants se posent la question de “comment réussir ma présentation” ? Il me semble que quelques évidences ont besoin d’être rappelées, tant il y a confusion dans l’utilisation des outils (la powerpoint mania), et l’efficacité des présentations

Du petit déjeuner d’affaires que j’ai évoqué en introduction, je n’ai aucun souvenir du contenu, aucun échange avec un participant, aucune carte de visite échangée puis qu’avec un retard significatif de fin de présentation, j’ai du m’envoler vers d’autres horizons, derechef… Bref une perte de temps !

Récemment, en animant un séminaire en intelligence collective d’un jour et demi, savez-vous combien de diapositives j’ai utilisées ?

Dans les commentaires, donnez votre estimation du nombre de diapositives que j’ai utilisées et dites moi ce que vous pensez des 12 points clés pour réussir votre présentation ?

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14 Commentaires

  1. chouitek mohamed

    merci pour tous les conseilles.
    svp quand vous avez un nouveau produit et sachant qu;il ya le meme produit similaire ds le marcher et il a une bonne reputation comment faire pour valoriser votre produit au detriment du produit qui est ds le marche
    merci

    Réponse
  2. Laurent

    Bonjour Mohamed,

    Quand on a un produit en concurrence avec d’autres offres disponibles sur le marché, la bonne nouvelle c’est que ce produit intéresse des clients…

    L’idée clé n’est pas de valoriser son propre produit “au détriment” des concurrents. C’est plutôt de chercher les points précis, spécifiques, uniques, magnifiques (!) qui font de votre produit une belle opération pour le client.

    Le travail de marketing, c’est valoriser ce qui est différent dans votre offre, ce qui va donner envie au client.
    J’espère que cela donne des pistes de réflexion.
    Merci pour les compliments.

    Laurent

    Réponse
  3. HOUESSILO Jean Joasias

    je suis un vendeur exclusif d’un produit dans un milieu,tout à coup un autre vendeur du même produit s’installa dans mon environnement livre son produit au même cout et reçoit plus de clients que moi. Que dois-je faire pour recevoir plus de clients que lui?

    Réponse
  4. EYA

    Bonjour Laurent,

    Je répondrai entre 7 et 10 transparents …
    Merci encore pour vos conseils judicieux.
    Serait-il possible que vous nous proposiez un exemple de présentation du PowerPoint “idéal “? .
    Mais je retiens que la préparation
    est primordial :
    “Il ne faut rien entreprendre sans s’y être préparé de longue main “( Cicéron, philosophe romain).

    Réponse
    • Laurent de Rauglaudre

      Bonjour Eya,

      perdu, moins de 7 à 10…
      Je ne peux pas vous donner de powerpoint idéal pour 2 raisons :
      – chaque situation est tellement différente qu’il est essentiel de créer, d’innover en fonction du contexte…
      – je n’utilise pas powerpoint mais keynote (ah, ah, ah :-)), car je suis full Macintosh…

      La préparation, yes, c’est la clé à retenir 🙂
      Merci du commentaires positif.

      Réponse
  5. Toto

    Bonsoir Laurent,
    Merci pour tous les conseils.
    A mon avis, vous avez utilisés entre 4 à 5 transparents.Je retiens qu’il est important de répondre aux questions tout de suite.ça démontre qu’on a une très bonne maîtrise du sujet.

    Réponse
  6. Gaylord

    Bonsoir Laurent, merci pour les techniques données et si c’est une sous traitance qui veut débuter, quelle methode faudra-t-il appliquer pour gagner le marcher et gagner la crédibilité tout en sachant qu’il y’a déja d’autres structures installées bien avant vous?

    Réponse
    • Laurent de Rauglaudre

      Pour gagner, il me semble que la priorité est de créer la confiance. La relation durable en affaires se crée dans la confiance… un travail de longue haleine 🙂

      Réponse
  7. GS

    1 diapositive de bienvenue

    Réponse
  8. Andrée TOTO

    Bonsoir Laurent,
    Merci pour les conseils. Je retiens que pour réussir sa présentation, il faut:
    1.Bien la préparer
    2.Commencer par une anecdote originale
    3. Répondre immédiatement aux questions pour ne pas donner l’impression qu’on ne maîtrise pas bien le sujet.

    Réponse

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  1. Intelligence collective, tout est là... - Blog Laurent de RauglaudreBlog Laurent de Rauglaudre - […] ésotériques que fournis d’informations indigestes (il n’a probablement pas suivi les 12 points clés pour réussir sa présentation). On…

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Laurent de Rauglaudre

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Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

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N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

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