Tout change…

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François Lemay

Un soir à Montréal, j’assiste à une conférence de François Lemay sur la pleine conscience. On est tordu de rire pendant 2 heures (même si certains passages purement Québécois me sont restés abscons). François Lemay évoque son parcours, son apprentissage avec grand talent. A un moment, le conférencier chuchote, hurle, explose, affirme, déclame, pleure, rigole, saute, courre, rampe, rebondit sur ces 2 mots : tout change.

 

L’exercice dure bien 3 à 4 minutes montre en main.

Peut-être veut-il faire passer un message, qui sait…

 

Entre nous, je ne suis pas certain que les membres du club de ceux qui aiment le changement soit si nombreux que cela. Dire “j’aime le changement” dans une conversation autour d’une poutine à Montréal ou en sirotant une bière à Munich reste souvent un propos suspendu en l’air. Le changement dérange, il est confortable de s’installer (je parle autant de l’installation dans la géographie que dans les habitudes bonnes ou mauvaises, les jobs, les relations, les méthodes, les fausses pistes, les certitudes, les doutes, …). Pourtant, les 3 à 4 minutes explosives de François Lemay sont fichtement et incontournablement vraies : tout change.

 

Tout change : c’est une fadaise que d’insister sur la nécessité de prendre le changement comme une composante “normale” de la vie (professionnelle et personnelle). La résistance au changement est vaine, tout change. “Comment vivre confortablement le changement” soufflerait Robert Dilts avec qui j’ai à plusieurs reprises échangé sur le sujet…

 

Ici au Québec, fin 2018, le taux de chomage est à 5,5%. La belle province frise avec le plein emploi (habituellement évalué aux alentours de 4%). Tout ressemble à la France et tout est différent : la flexibilité se confronte à une moindre protection. Mais verrait-on en France un entrepreneur chasseur de têtes (les lundi, mardi, mercredi, vendredi) être coiffeur les jeudi et dimanche ? C’est pourtant mon expérience du jour : ce coiffeur d’origine marocaine qui cumule 2 vies, l’une pour assurer un revenu récurrent, l’autre pour tenter sa chance… Pour lui, tout change chaque semaine, il fait marcher tous ses cerveaux, tout comme ses mains… qui se sont occupées de mon scalp avec doigté.

 

Ce matin, j’ai changé de parcours pour accompagner mon fiston à pied à l’école. Il a grogné. Puis il m’a suivi. L’occasion d’une minuscule parabole sur le changement qui, si on y résiste, de toute façon nous guette…