Le luxe est-il une injure aux générations futures ?

by | Chronique de la crise du coronavirus vue de Zagora, Débats, Vidéos | 0 comments

Dimanche 22 mars 2020 – Chronique de la crise du Coronavirus, vu de Zagora

 

Ce matin, toujours pas d’eau dans la douche. Ou plutôt si, un mince filet, du goutte-à-goutte avec lequel je fais une toilette de chat.

Pas de quoi se plaindre, j’ai une chambre magnifique sur un toit terrasse, une explosion de fleurs en sortant, une montagne aride à droite, un oasis verdoyant à gauche.

 

Depuis longtemps j’ai cette question dans la tête :

le luxe est-il une injure aux générations futures ?

 

Pourquoi accumule-t-on ? Pourquoi développe-t-on une telle sophistication de produits, alors que tant de nos frères et soeurs humains vivent dans le dénuement ?

Si c’est mon frère de sang qui manque de pain, je vais lui en donner, non ?

 

Je comprends que la créativité a besoin de s’exprimer. On est heureux quand on est dans le processus créatif. Inventer permet de nous évader, c’est magnifique. Alors nous inventons des tas de trucs et des tas de machins. Pourquoi pas ! Surtout si, dès la conception, sont prévus le prix et tout le cycle de réintégration écologique. La créativité se limite-t’elle aux produits physiques ? J’ai attendu l’âge de 55 ans pour admettre que j’étais créatif dans le registre de l’animation de groupes… La créativité n’est-elle pas dans tous les registres où je me sens inspiré ?

 

D’un coté, certains manquent de tout ou presque. De l’autre, nous avons cet appétit créatif. Pourquoi concentrons-nous cet appétit à nourrir prioritairement un luxe matériel ? N’est-ce pas une injure aux déshérités de maintenant et aux générations futures ? Pourquoi quelques-uns épuisent-ils à l’excès des montagnes de ressources, pour un plaisir relatif ? Je m’interroge souvent sur ce qui se passe dans le cerveau. Que se passe-t-il dans le cerveau ? Qu’est-ce qui peut lui faire croire que la vie sera meilleure en accumulant, en installant des robinets en or dans la salle de bain (avec de l’eau qui coule, yeeeeeeesssssss) ? Je ne porte pas de jugement, je m’interroge, sincèrement ? Quel est le chemin de conditionnement mental, à quoi jouent les neurones et les synapses ? Les neurones ont-ils oublié les joies de l’enfant qui jouait avec un carton, avec un bâton, avec un pigeon ?

 

Le luxe est-il une injure aux générations futures ?

 

L’une des raisons, et c’est loin d’être la seule, qui m’a fait arrêter le conseil en gestion de patrimoine, c’est mon interrogation sur la justification de la transmission financière, ou plutôt de l’optimisation fiscale de la transmission. C’est un jeu de ce métier : laisser des sous à l’état au moment de ma mort, beurck, quelle horreur ! J’ai aidé des clients, dans la pure légalité, à optimiser. Puis cela m’a vraiment interpellé.

 

Qu’est-ce que je dois transmettre aux générations futures ?

  • Une grosse liasse de billets ? Que vont-ils en faire ?
  • Un bon paquet de souvenirs et d’enseignements et sagesses ? Que vont-ils en faire ?

 

Si j’ai la chance et l’intelligence de faire fortune, chouette, bravo. Que faire de la fortune qui ne me suivra pas dans la tombe ? En quoi est-ce si légitime de transmettre tout son argent à ses propres enfants par rapport à le laisser à la communauté (qui m’a beaucoup aidé dans la vie pour réussir en m’éduquant, me protégeant, me soignant, même si certains l’oublient) ? Pourquoi ne pas faire comme ces multimilliardaires raisonnables qui laissent juste 1 petit milliard à chacun de ses enfants pour les menus dépenses, et tout le reste pour de belles causes 🙂 ?

 

Je sais que ces questions amènent de nombreuses polémiques. Je sais que les réponses sont complexes, parfaitement insolubles. Pourtant, la crise du coronavirus nous repose également ces questions de manière claire et directe : le luxe est-il une insulte aux générations futures ? Que souhaitons nous léguer aux générations futures ?

 

Depuis mon nid de Zagora, j’ai eu la chance de trouver une guitare et enregistrer quelques chansons sur ma chaine YouTube. Mon talent est relatif mais ces chansons, oubliées pour la plupart, sont un patrimoine familial. Ces chansons recréent des liens perdus, créent des liens nouveaux. Ces liens seraient-ils les seuls luxes à préserver ?

 

0 Comments

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Publication

 

groupe mastermind

Co-auteur du livre “Les groupes Mastermind, accélérateurs de réussite”, premier ouvrage publié en français sur le sujet. Co-écrit en intelligence collective. Egalement disponible en anglais et en espagnol.

Hé hé, c’est quoi un consultant libre ?

Un consultant libre, c’est :

  • – un entrepreneur
    – un créateur de valeur
    – de l’expérience de terrain à partager

Je vous invite à :

Bonne découverte…

Laurent de Rauglaudre

Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

Aller plus loin en téléchargeant l’ebook “7 clés pour devenir un leader inspirant”

Chaine youtube

Prochains évènements

 

Désert : marche initiatique – 1 semaine
– du 6 au 14 novembre 2021