Ce matin, dans ce camping du bord de l’océan pacifique, pas d’eau froide possible sous la douche. Il n’y a qu’un robinet qui propose de l’eau à bonne température, chaude mais pas trop. Quelqu’un a décidé quelle est la bonne température pour tous. C’est la loi de ce camping.

 

Or, depuis quelques semaines, j’expérimente la douche froide. Soit dès le début de l’ablution (cest plus difficile), soit en fin de toilette, par réduction progressive de l’eau chaude. Il paraît que c’est bon pour la santé, la pensée, etc… oui mais, aujourd’hui, la loi du camping m’entrave sur mon chemin vers la félicité…

Nous vivons dans un monde de complexité.

 

Cette complexité s’amplifie au fur et à mesure que la connaissance se développe. Mon frère Daniel signalait ce matin : “c’est génial, on a peut-être détecté d’autres ondes gravitationnelles, cette fois provenant de la fusion de deux étoiles à neutrons (au lieu de trous noirs dans les trois cas précédents)”. Je ne sais pas comment cela va influer mon parcours d’entrepreneur, mais cela confirme que la complexité croit jusqu’aux confins de l’univers, et que ce n’est pas fini !

 

Quand on dirige, on est amené à édicter des lois, ou des procédures dans le cadre de l’entreprise. Les anglo-saxons utilisent la fameuse règle des 80/20 : la procédure va couvrir 80% des cas essentiels, on traitera des 20% des cas particuliers quant ils surviendront, en se référant principalement aux us et coutumes, à la sagesse de l’expérience. En France, on cherche à régler dans la loi la totalité des situations. On passera donc des heures en conjectures, en ajustements, en amendements. La richesse de l’exercice réside dans le profond travail d’analyse mené, la difficulté dans l’impossibilité parfois d’aboutir à un résultat satisfaisant. La loi (lire “la procédure” pour l’entreprise) a du mal à traiter toute la complexité (l’illuminé qui veut prendre une douche froide dans un camping improbable).

 

Quand on prépare une nouvelle procédure, prendre le bon des 2 méthodes est peut-être une bonne voie du milieu… et la concevoir en intelligence collective est encore plus puissant.

 

Quant à l’application de la procédure, il convient d’être un manager vigilant. Avant de reprendre ou même de recadrer mon collaborateur…

1 – connait-il la procédure ?

2 – ai-je régulièrement fait mon job de manager et rappelé les procédures et leur sens ?

3 – la procédure est-elle vraiment appropriée à la situation du défaut repéré ?

4 – quelle était l’intention profonde de mon collaborateur hors-jeu ? Avait-il un récif à signaler, ou son erreur est-elle un signal faible de tout autre chose ?

 

Il est souvent trop simple de dire : “c’est la loi (lire “procédure” en entreprise)”. À ainsi se protéger, on risque de se cantonner dans un rôle de caporal, au mieux caporal-chef en fin de carrière… Être manager, affirmer son leadership, c’est se confronter à la complexité, faire preuve de lucidité, de perplexité, de subtilité et aussi… de courage.

 

Je n’ai pas pris de douche froide car la loi du camping m’a empêché. Pourtant, australien, ce camping est d’influence anglo-saxone, ce qui dément mes propos faciles et racoleurs ci-dessus… complexité partout 🙂

Je n’en veux pas à nos charmants hôtes du camping, d’autant que cette douche pacifique m’a inspiré cet article…

2 Comments

  1. Nicorazon

    Petite réflexion pas si hors sujet que cela. Ne pas confondre complication et complexité. Complication signifie que ce n’est pas simple. Complexité signifie “tissés ensemble”, ce qui signifie qu’il y a des noeuds avec une multitude de fils, ou en d’autres termes qu’il y a beaucoup de paramètres irréductibles en jeu. Un système compliqué peut se simplifier. Un système complexe, non.
    PS. Ces questions sont un peu ma spécialité philosophique, mille excuses pour la remarque.

    Reply
    • Laurent

      Très juste la clarification entre “complexité” (dont je parle dans l’article) et “compliqué”.
      Un champion du monde de karaté que j’ai rencontré un jour m’a dit qu’il substituait le mot “compliqué” par “puzzle”. Et un puzzle, on arrive à s’en sortir (même si parfois il faut du temps)…

      Reply

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Co-auteur du livre “Les groupes Mastermind, accélérateurs de réussite”, premier ouvrage publié en français sur le sujet. Co-écrit en intelligence collective. Egalement disponible en anglais et en espagnol.

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Laurent de Rauglaudre

Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

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