Le lit et l’amélioration de la procédure

par | Consultant, Leadership, Progresser, Vidéos | 0 commentaires

Quel est le rapport entre l’emplacement du lit et l’amélioration de la procédure ? Le réel m’inspire et j’ai l’esprit inductif. A partir des petits riens de tous les jours, je trouve des dimensions symboliques. L’amélioration de la procédure devrait rester au top des priorités de tout leader ou  manager. L’amélioration continue contient des germes de transformation. Il ne s’agit pas toujours de faire la révolution. Il s’agit le plus souvent de travailler l’évolution, retirer le “r” qui mène parfois à trop de radicalité, même si cela peut être inévitable en certaines circonstances.

Alors pourquoi parler de lit et d’amélioration de la procédure ? Je raconte l’anecdote dans la vidéo…

19 juin 2020 – Chronique de la crise du coronavirus vue de Zagora

 

 

Dans l’amélioration de la procédure se nichent d’intéressants défis :

Observer ce que font les autres, les sages ou les expérimentés

 

Quand je raconte dans la vidéo l’histoire de la recherche de la bonne place pour mon matelas sur la terrasse, il ne vous a pas échappé que j’ai observé où Yacine, le jeune Berbère qui s’occupe de la kasbah, a lui-même installé son bivouac. J’ai mis du temps à faire cette observation. Elle n’est pas tombée du ciel. Je n’avais pas en conscience que s’il restait toutes les nuits là, c’est parce que l’emplacement était important.

 

Quand on travaille l’évolution d’une procédure, n’est-il pas astucieux, en première étape, de faire une enquête, repérer ce que se fait déjà, de bon ou de moins bon ? Les sages ou les expérimentés ne font pas les choses par hasard. Ils ont appris qu’il est plus efficace de faire telle tâche avant telle autre, de poser telle organisation plutôt que telle autre. Qu’est-ce que la sagesse, qu’est-ce que l’expérience ? Peut-être un raccourci vers de meilleures solutions…

 

Oser les itérations, par conséquent les erreurs

 

Le droit à l’erreur, même s’il est encouragé dans les discours, est souvent puni. Ou bien, pour éviter de prendre des risques, on va laisser comme avant. “Pour gagner de l’argent, changez la procédure !” ai-je un jour raconté près de la place de la Bastille. Ca vaut donc le coup de se pencher sur la question. Oui, mais devant l’université de Harvard à Boston, j’interroge : êtes vous un manager Excel ? Osez-vous sortir les yeux du fameux tableur ? La loi et la complexité ne font pas toujours bon ménage… le job du leader est de remettre la loi, la procédure au défi permanent. “J’ai appliqué bêtement la procédure” m’a dit un jour un collaborateur. Je lui avais passé une soufflante d’avoir utilisé un outil qui ne convenait pas à la situation, de se protéger derrière une loi inepte, plutôt que de tenter autre chose. La croyance en la procédure éternelle, qui répond parfaitement aux enjeux, est une croyance limitante. Encourager la transformation signifie encourager le courage et les itérations. C’est d’ailleurs l’un des principes des méthodes Agile. Il est sans doute utile d’injecter ce principe dans toutes les procédures et lois de l’entreprise.

 

Systématiquement injecter la réflexion “durable” au cycle de travail d’amélioration

Dans toute procédure en révision ou en création, il devient aujourd’hui coupable d’oublier de mentionner, dans le cahier des charges, la réflexion durable. J’emploie le mot “coupable” à dessein. La responsabilité des leaders et des managers les dépasse. Beaucoup de décisions prises, de systèmes, de lois survivent aux inspirateurs, aux initiateurs. Le chemin de l’amélioration ne peut plus s’affranchir de la dimension durable. Tout responsable qui réfute le terrible diagnostic largement partagé, publié, sur les perturbations profondes que les humains ont causé au fragile édifice de la vie sur terre, ne mérite plus de guider les autres.

 

Le mot “durable” ou “soutenable” doit faire partie de tout cahier des charges. Il est du devoir des leaders de s’en assurer et de veiller que ce ne soit pas juste des mots lancés en l’air pour satisfaire l’air du temps. C’est notre défi à tous, des plus simplissimes de nos contributions ou des plus dérisoires de nos impacts, aux plus ambitieux  projets globaux : la réflexion sur la dimension durable dans tout projet, qu’il soit nouveau ou juste projet d’amélioration !

 

Sur le chemin de la transformation, avec courage…

  1. Observer attentivement
  2. Oser les itérations et les erreurs induites
  3. Injecter l’enjeu durable

 

Et si vous partagiez ci-dessous, en commentaires, des expériences simples comme celle que je raconte avec mon lit à la belle étoile, ou des expériences plus élaborées, pour inspirer les lecteurs…

 

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Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

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