Secrets de consultants : interview de François Lavallée

Dans la série “secrets de consultants”, voici l’interview de François Lavallée biologiste organisationnel. Savoir ce qu’on veut, vendre qui je suis, avoir faim, traverser les creux et les vagues, François nous livre quelques-unes des expériences de vie d’un consultant libre… Dans son langage fleuri du Québec, il nous raconte être passé de microbiologiste à superviseur puis à un métier de formateur et coach qu’il n’a plus quitté depuis belle lurette. François vit sa vie…

Ecoutons le…

 

En synthèse de cet interview, j’ai envie de retenir quelques-uns des secrets de consultants (secrets qui n’en sont pas, c’est juste une accroche marketing, ouarf, ouarf), qui traduisent le choix d’une vie différente…

En tout premier, au risque de déplaire à certains, François affirme :

Si tu veux manger, il faut que tu ailles à la chasse

 

François s’amuse quand on lui dit : “appeler les clients à froid, je n’aime pas trop, je préfère qu’ils m’appellent”. Il réplique tout de go : “moi aussi” ! Je partage cette idée dans toutes mes formations et coaching : c’est agaçant, l’univers ne s’intéresse pas tellement à mon génie, c’est à moi de me manifester... Il est illusoire de penser que le business arrive tout seul. Un entrepreneur part à la chasse pour nourrir sa famille. Les clients n’arrivent pas cuits, béats. L’image de François “partir à la chasse” peut repousser le vaillant candidat à la liberté. OK… alors partir à la cueillette est bien aussi, mais il y aura des piquants, des broussailles, des orties. La forêt ne va pas apporter ses baies nourricières sans nous mettre au défi de nous-même. La top priorité du consultant libre : chercher à manger que l’on traduit en trouver des missions/des mandats.

 

Contacter d’anciens collègues, des amis, des camarades d’école reste la première des démarches à faire. Dans ce réseau sont endormis de multiples opportunités… C’est ce que j’enseigne, avec insistance, dans la formation consultant libre.

 

François partage également cette recommandation que j’applaudis de toutes les mains disponibles :

Bâtir la relation

 

Dans toute entreprise, les rencontres se multiplient. Oui mais… “une relation ne devrait jamais démarrer avec un objectif” souligne François, à part celui de “bâtir la relation ! Comment je peux arriver à connaitre cette personne ?”

 

Trop souvent, nous envisageons la rencontre comme un levier de business dans le court terme. Certes, l’opportunité est là. Pourtant, le coeur de l’affaire est de nouer un lien authentique, immédiatement. Ce lien doit-il aboutir sur un mandat en bonne et due forme ? Si c’est l’unique intention, cela risque de prendre une telle place qu’elle va occulter la valeur simple et agréable de passer un moment de découverte d’un autre…

 

François évoque, dans ses secrets de consultants…

Le stress du manque de business

 

Ca vous parle ? En été, pourquoi ne se passe-t-il rien ? Pourquoi les clients ne sont plus là ? Que faire de ce temps qui semble vide. François encourage à investir cet espace libéré pour écrire, réfléchir, penser à de nouvelles stratégies. “A chaque crête de vague suit un creux”… en prendre conscience permet de savoir que, au delà du calendrier qui porte en lui-même des contraintes, les crêtes et les creux font partie intégrante du rythme. Si je le sais, je le vis mieux. En conséquence, quand on encaisse les factures, il convient ne pas tout dépenser comme la cigale : la gestion de la trésorerie, toujours en garder de coté, sont de bonnes pratiques à mettre en place !

 

Quand je l’interroge, François partage…

2 raisons pour une belle année 2020

 

1 – La technologie

Depuis des années, François a appris à développer son business en ligne. Il s’agit de s’approprier des outils qui permettent la création en intelligence collective. Il s’agit de rendre le travail plus confortable pour ses clients et lui-même (écran vert, micro, éclairage…). Inutile de résister au changement de situation, et François avait pris de l’avance en animant déjà, avant la pandémie, de nombreux ateliers en ligne.

 

2 – Les scénarios catastrophes immédiatement mis en place

Le 12 mars 2020, le confinement a été déclaré au Québec. Dès le lendemain, François écrivait à ses clients pour proposer de reporter les sessions présentielles après le 19 mars. Voyant la situation se bloquer, il a rapidement lancé des rendez-vous virtuels, tronçonnant des sessions de 8h en 3 réunions virtuelles de 3 h. Il était également prêt à proposer des remboursements à ses clients…

 

Le seul enjeu est de “modifier pour s’adapter, aller avec le nouveau système”. Prétendre “moi je n’aime pas le virtuel” n’a pas de sens ! La situation a changé, “tu dois t’adapter”.

 

Parmi les secrets de consultant, François en souligne un autre que je partage à fond :

 

Je veux être moi

 

Quand au début de son parcours de consultant libre, certains l’ont poussé à faire les choses comme les autres, il s’est rendu compte qu’il “était devenu sérieux, professionnel, comme les autres”. Il “n’avait plus de plaisir”. Conclusion, François avance avec conviction : “je veux être moi, avec ma couleur, ma saveur. Si tu ne la veux pas, tu ne mérites pas mon service.” Au moins, ça c’est dit !

 

Existe-t-il un bon moment pour lancer une entreprise ?

 

Il n’existe pas de bon moment. Quelle est l’intention, quel est le pourquoi, comme nous dit Simon Sinek ? C’est quand le bon moment pour oser ? Quand est-ce que les étoiles seront-elles alignées ? Jamais en fait… il n’y a pas de bon moment ni de mauvais moment pour lancer une entreprise. Il y a juste le grand coup de pied au fesses pour oser

Pour lancer une entreprise, c’est un savant mélange = 1 zeste de folie, d’inconscience du risque, 1 zeste de discipline, 1 zeste de goût d’aventure… sans faire des choses idiotes. Entreprendre, c’est choix de life style sans plan de carrière !

 

La clé c’est savoir ce qu’on veut…

 

Dire que “l’argent n’est pas un objectif en soi : un cliché” ? “Faire de l’argent ce n’est pas une raison d’être” rajoute François. Pendant des années, il n’arrivait pas à atteindre ses objectifs. Il se mettait la pression tout seul, sans résultats. François a alors arrêté de se mettre des objectifs financiers pour se demander :

“Quel service puis-je apporter, pour qui, comment je peux le faire de manière différente ?”

Aliter, le nom de la société de François signifie, en latin, “Autrement”… Ses affaires vont très bien, merci. Ses secrets de consultants sont là pour inspirer.

A méditer !