Roland Paul dirige GSE, société projet à la forte culture ingénieur. Roland a répondu à cet interview où je l’interroge sur les clés de management, le leadership, lintelligence collective… Prendre l’expérience à la source est toujours une matière première de qualité pour s’inspirer dans la démarche de progrès.

Regardez, écoutez…

 

“L’ingénieur n’aime pas l’incertitude”, évoque Roland dans son interview.

Pourtant dans cet univers de complexité en perpétuelle intensification, les managers, tous ingénieurs fussent-ils, se retrouvent confrontés à des défis qui ne sont pas du registre des équations rationnelles…

 

Ainsi, Roland évoque quelques éléments majeurs, des clés de management :

  • faire confiance (ce qui, dit en passant, est toujours plus facile à dire qu’à mettre vraiment en oeuvre – un vrai chantier de délégation à développer)… faire confiance !

 

  • donner la possibilité de se dépasser (ce qui confère à la capacité de donner des objectifs que j’aime qualifier de “raisonnablement ambitieux” – s’ils sont déraisonnables, les collaborateurs se découragent, s’ils ne sont pas suffisamment ambitieux, la motivation va vite s’étioler)

 

  • écouter (un défi qui parait à la portée de tous – pourtant, l’écoute véritable est plus rare qu’il n’y parait – il s’agit de vraiment développer une conscience profonde du savoir écouter)

 

  • avoir des valeurs (ce qui coule de source dans le discours, demande pourtant un travail de fond de chaque manager/leader pour savoir ce qui fondamentalement est essentiel pour lui/elle)

 

  • être authentique (un vrai sujet pour tous ceux qui confondent leurs galons avec leur valeur, qui croient qu’ils sont “arrivés” parce que certains honneurs ou titres leur ont été décernés – la preuve de sa valeur ajoutée est, de mon point de vue, à apporter tout au long du parcours, en restant soi, sans se confondre avec des étiquettes flattant l’ego)

 

Roland insiste sur le fait que le “sens” de l’action est très important. Ce propos qui emporte l’adhésion de tout un chacun, reste à rappeler et rappeler sans cesse à ceux qui occupent des fonctions de management, aux leaders de tout poil. Comment attraper la motivation d’une équipe qui ne comprend pas la finalité, qui n’aperçoit pas la cathédrale au delà des pierres à poser pour sa construction… Chaque humain a besoin de comprendre à quoi sert sa contribution. Donner du sens, une priorité de management.

 

Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose. Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le coeur de tes hommes et femmes le désir de la mer. – Antoine de Saint Exupéry

 

Roland répond aussi à la question de la distinction entre “manager” et “leader”. Le manager s’inscrit dans une relation plus “construite” – je pense que Roland signifie par là que le manager s’empare de processus à réaliser comme les objectifs, les entretiens d’évaluation, le recrutement, l’animation de réunions, etc… Le leader se repère par son “aura”, sa dimension charismatique. En effet, le leadership s’apparente davantage à un effet aimant (on est attiré par l’aimant, ou on “aime” ce que diffuse le leader) qu’à un processus identifié. Un leader n’est donc pas forcément un manager et un manager ne réussit pas toujours à développer son leadership. Pourtant, c’est une clé maitresse pour emporter l’enthousiasme et l’implication.

 

J’aime bien le propos qui souligne que l’enjeu est davantage de donner des outils plutôt que des réponses, plutôt même que des directions. C’est une manière responsable de développer l’autonomie autour de soi. On est tenté, quand on est manager, quand on dirige, de sauter sur la réponse à la question posée. Encourager l’autonomie passe par aiguiser la capacité de son collaborateur à trouver lui-même sa solution, qui potentiellement peut être bien meilleure et créative qu’une réponse rapide donnée à la sauvette…

 

Si vous êtes très attentif à l’interview, vous noterez, dans le flot de l’échange, que Roland utilise un mot familier du langage américain : “empower”. Ce mot, intraduisible en français décline la capacité à “mettre en puissance”. Un mot qui contient l’enjeu du manager, le défi du leader : réunir les conditions pour que chacun déploie ses ailes, entre dans toute sa puissance et contribue à un niveau qui à la fois aide l’entreprise à atteindre et dépasser ses objectifs, et à chaque individu à se sentir fier de sa contribution. Tout le monde est gagnant.

 

Un grand merci à Roland pour ces quelques minutes d’enseignements de terrain.

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groupe mastermind

Co-auteur du livre “Les groupes Mastermind, accélérateurs de réussite”, premier ouvrage publié en français sur le sujet. Co-écrit en intelligence collective. Egalement disponible en anglais et en espagnol.

Hé hé, c’est quoi un consultant libre ?

Un consultant libre, c’est :

  • – un entrepreneur
    – un créateur de valeur
    – de l’expérience de terrain à partager

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Bonne découverte…

Laurent de Rauglaudre

Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

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