Un manager peut-il changer de secteur d’activité ?

by | Débats, Equipe, Leadership | 6 comments

Oser changer de secteur d’activité, est-ce possible ? Un manager doit-il passer toutes sa vie professionnelle dans le même environnement ?

 

J’ai reçu un jour le message suivant d’un lecteur :

“Cher Monsieur,

Nous avons eu, hier, avec quelques amis, une discussion vive sur ce qu’est le management.

L’origine du désaccord réside dans le fait que certains pensaient qu’un manager ne peut pas changer de secteur d’activité !

Un manager performant dans le domaine de la mode, ne peut pas endosser les mêmes responsabilités dans le domaine médical ou industriel car il ne connait pas son environnement. Un recruteur ne perdrait pas de temps à chercher un bon profil, il privilégierait plutôt le candidat qui connait le mieux le marché : clients, produits, ….
Je maintenais le contraire, un manager peut très bien réussir dans un autre domaine et changer de secteur d’activité pourvu qu’il ait acquis les compétences managériales dans son cursus.

C’est même pour moi une preuve d’adaptabilité.

Qu’en pensez-vous ?“…

 

Le débat est ouvert… Un manager peut-il changer de secteur d’activité ?

Changer de secteur d'activité

Un chef peut-il changer d’orchestre, de style de musique ?

Mon avis est que le management est un métier en soi. Il s’apprend, il se vit, il s’améliore avec l’expérience. Un métier où l’écoute et l’empathie demeurent les qualités premières. La compréhension intellectuelle des enjeux est certes essentielle, mais j’ai la conviction qu’un manager centré sur le développement des capacités créatrices et la motivation de ses collaborateurs, peut transiter d’un monde à un autre.

 

Pour changer de secteur d’activité, il y a un vocabulaire technique à s’approprier. Pendant une période d’apprentissage, un bon manager fait le travail de son apprentissage. Ensuite, sa sagacité le porte à détecter les composantes humaines susceptibles de rendre performante son équipe. Et là, point de technique.

 

A titre personnel, je me souviens avoir été managé par un incompétent notoire de mon domaine. Ce fut mon meilleur allié professionnel :

  • confiant… pour me donner les responsabilités d’un projet à fort enjeu,
  • attentif… à m’ouvrir les portes qui m’étaient nécessaires pour en surmonter les défis,
  • présent… quand il le fallait dans les combats ou réunions politiques,
  • astucieux… pour me proposer des pistes de réflexion tactique ou stratégique,
  • habile… pour me ramener dans le chemin quand je m’engageais sur des pentes abruptes,
  • compréhensif… quand la marmite bouillonnait trop fort,
  • reconnaissant… quand le projet arriva à son terme avec succès.

 

La compétence technique est-elle donc une qualité nécessaire pour réussir dans le management, ou peut-elle parfois constituer un frein à l’épanouissement des collaborateurs ? Je suis manager pour montrer ce que je sais ou pour encourager les compétences et développer la motivation ? Ces compétences sont-elles les mêmes ?

 

Malheureusement, comme le souligne le message interrogatif de mon lecteur, beaucoup de recruteurs  considèrent en priorité la dimension technique, la compréhension du marché, pour embaucher des managers. N’est-ce pas une étroitesse de vue qui limite le champ de créativité des entreprises.

 

Adapter son style de management

Adapter son style de management  entreprises…

Un manager peut-il changer de secteur d’activité ? Est-on en face d’une peur limitante : “j’ai toujours travaillé dans ce domaine, je ne pourrai pas m’adapter ailleurs”, ou d’une méconnaissance de la vraie mission du manager ?

Pour aller plus loin, téléchargez l’ebook “deviens un leader inspirant“.

 

Donnez votre avis dans les commentaires.

 

6 Comments

  1. Alain

    Bonjour,
    Pour avoir moi-même vécu, et vivre encore aujourd’hui !, un changement de domaine d’activité, mon avis est que malheureusement la plupart des sociétés et leurs dirigeants ont du mal à apprécier la qualité d’un nouvel intervenant au sein de leur secteur, quels que soient ses résultats passés dans des domaines différents, même assez proches du nouveau dans lequel il évolue.
    Je n’ai pas retrouvé ce même état d’esprit dans les pays anglo-saxons, bien plus pragmatiques. C’est un cliché, mais cela se confirme sur le terrain !
    Bravo pour votre site.
    Alain

    Reply
  2. Laurent

    J’ai la même expérience que vous avec les managers américains que j’ai côtoyés. Au lieu de regarder l’étiquette de votre cv, ils regardent le potentiel que vous dégagez. En l’occurrence, il ne s’agit pas d’un cliché mais de l’expérience vécue.
    Je continue d’entendre que les entreprise françaises manquent de prise de risques dans leurs recrutements. Prendre un clone pour un job, c’est rester à l’abri des reproches potentiels sur le casting. C’est aussi rester à l’abri des surprises (bonnes ou mauvaises). Serait-ce aussi rester à l’abri d’une nouvelle dynamique, quelle qu’elle soit…

    Merci du commentaire et des compliments 🙂

    Reply
  3. Contreras

    Bonjour,
    je vous remercie de cette analyse très percutante de la conjucture d’embauche en France. La selection de candiadats que ce soit au niveau menagérial ou pour des profils juniors c’est le même constat: les entreprises en France s’enferme dans une logique suicidaire.
    Tu rentre pas dans le moule, tu es hors-course!

    Reply
    • Laurent

      J’entends souvent ce commentaire “tu ne rentres pas dans le moule, tu es hors-course”. C’est donc une réalité qui existe dans le marché de l’emploi.

      C’est aussi une opportunité : quelqu’un qui n’entre pas dans le moule est probablement un créatif. Il convient alors de trouver quels sont les domaines de créativité dans lesquels il s’épanouit.

      Quand l’alignement se clarifie, le projet reprend de la vigueur…

      Reply
  4. Alain

    Bonjour Laurent,
    Oui en France les recruteurs sont bien trop conservateurs. Ils recherchent bien souvent le mouton à 5 pattes. Il faut tout de même ajouter que le code du travail ne les aide pas du tout, qu’embaucher en France revient trop cher, et qu’il est bien trop difficile de se séparer de quelqu’un qui finalement ne convient pas.
    Ceci dit, je tiens à dire malgré tout que même dans un environnement anglo-saxon, la recherche de l’ultra spécialisation est aussi souvent de mise. Les recruteurs recherchent aussi du personnel connaissant très bien le secteur, connaissant tel process, connaissant tel logiciel, connaissant même les méthodes de l’entreprise ou de ses clients ! On se flagelle souvent en France, mais en dehors de nos frontières ce n’est pas toujours aussi rose.
    Bravo pour ton site !

    Reply
    • Laurent

      Ce que tu écris me parait juste… on hésite à prendre un “novice” sur un poste alors que ce sont davantage les compétences fondamentales (capacité à négocier, organiser, déléguer, trancher, communiquer, anticiper, etc…) qui sont nécessaires à un bon manager.

      La dimension technique que tu évoques, s’apprend. La méconnaissance d’un marché peut aussi permettre d’avoir un regard neuf et innovant – sans être naïf bien sur…

      Reply

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Co-auteur du livre “Les groupes Mastermind, accélérateurs de réussite”, premier ouvrage publié en français sur le sujet. Co-écrit en intelligence collective. Egalement disponible en anglais et en espagnol.

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Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

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