A quoi sert le coaching ?

Même si Eric Schmidt, président de Google, avance “Everybody Needs A Coach” (tout le monde a besoin d’un coach), la question “à quoi sert le coaching ?” reste légitime. J’ai déjà évoqué dans cette vidéo “à quoi sert le coaching” 3 bienfaits apportés par le coaching. Je souhaite évoquer ici une anecdote personnelle qui a tout changé à mon parcours professionnel.

 

Nous sommes vendredi matin, j’ai rendez-vous chez le dentiste à 11h. Je quitte le bureau (à cette époque antidiluvienne, je suis l’un des managers-salariés du troupeau de Gemplus). Mon téléphone sonne. C’est Christian Loridon, consultant-formateur que j’ai fait intervenir auprès de toutes mes équipes. Christian va devenir l’un de mes coach, un mentor d’une grande lucidité, d’une grande fidélité. Il prend régulièrement de mes nouvelles par téléphone, pratique efficace pour maintenir le lien professionnel et les opportunités d’affaires (lire ceux qui réussissent téléphonent)

 

  • Christian : « comment vas-tu ? »
  • Laurent : « ça va, je meurs d’envie d’aller dire ce que je pense à Antonio Perez »
  • Christian : « que veux-tu lui dire ? »

 

J’explique. Comme Gemplus traverse une crise terrible, je suis envahi du désir d’aller exposer de sévères thèses au président. En bon coach, Christian sent ma détermination et comprend la pertinence de mes propos. En terme de coaching, il me donne « l’autorisation ».

  • Christian : « alors si tu penses que c’est utile pour l’entreprise, va voir Antonio, et dis-lui… »
  • Laurent : « mais il part ce soir aux Etats-Unis »
  • Christian : « alors appelle-le tout de suite ! »

 

Un coaching pour passer à l’action

 

Je raccroche. Je suis sur un banc public de Gémenos, près du cabinet de mon dentiste. La force est irrépressible et Christian m’a donné le déclic. Il a levé mes objections, transmis l’énergie, la force de passer à l’action. J’ai les jetons ! La puissance du coaching flash est là : je fais immédiatement le numéro de téléphone d’Antonio. Aucun barrage de secrétaire, il décroche.

 

Laurent : « Antonio, I need to tell you something, I need 10 minutes of your time, I know you are leaving today to the USA, I can take the cab to the airport with you if you like… »

 

J’ai tout lâché, me suis mis tout à risque. A ma grande surprise, Antonio me répond : « comme now ». Le pragmatisme américain que j’ai si souvent remarqué. Je suis sens dessus dessous. Cet appel va marquer un tournant de vie dont j’ignore la portée à cet instant précis. Comment diable ai-je osé appelé le président ? Qui suis-je moi pour aller dire, à cet homme tellement expérimenté, je ne sais quel avis sur une crise qui me dépasse totalement. Je suis là sur un banc, le soleil provençal tout doux ce matin, hébété à l’idée que je m’apprête peut-être à commettre l’irréparable, en franchissant tellement de barrières interdites d’un seul coup.

 

Dans la foulée de l’énergie transmise par Christian qui deviendra mon premier coach, j’appelle et reporte mon rendez-vous de dentiste. Retour au bureau, couloir de la direction générale que j’ai toujours trouvé impressionnant : une allée distribuée sur les repaires de toutes les têtes pensantes et de pouvoir de l’entreprise. On ne peut le traverser sans se demander lequel des puissants va vous alpaguer avec une question ciselée et le regard transperçant. Juste de quoi stresser un brin.

 

La porte d’Antonio est entrouverte. Je signale ma présence discrètement, il m’accueille tout sourire. J’entre dans le bureau et je vais direct au but comme savent le faire, je l’ai remarqué, les dirigeants, managers ou entrepreneurs de talent.

 

Le reste est une autre histoire… qui m’amèra dans les entrailles de l’exercice du pouvoir en devenant conseiller de 2 CEO successifs, et qui me permettra de mesurer à quel point les dents des crocodiles sont taillées, à passer aussi la mémorable semaine du 11 septembre 2001 à New York puis Philadelphie en tête-à-tête avec Antonio Perez.

 

Le coaching, un atout maitre dans la manche

 

Sans le coaching de Christian, aurais-je osé faire ce pas là ?

Pour franchir ces barrières que nous nous fabriquons (suis-je légitime ? suis-je un imposteur ? pourquoi moi ? est-ce que je le mérite ? l’obstacle n’est-il pas trop haut ? suis-je suffisamment prèt ? est-ce le bon moment ? etc…), le coaching n’est-il pas l’atout maitre ?

 

A quoi sert le coaching ? Ecoutez les leaders, interrogez-les sur qui les écoute, qui les conseille et pourquoi ? Ecoutez ce qu’en dit le patron de Google lui-même…

 

Souhaitez-vous partager des anecdotes sur ce que le coaching a pu vous apporter dans les commentaires de cet article ?

 

Je dédie cet article à Christian, parti récemment vers les étoiles