C’est quoi le leadership responsable ?

by | Accords Toltèques, Leadership, Vidéos | 0 comments

Je participe à un petit déjeuner “réseau” de French Founders. Quelque part dans mon pitch, j’indique que ma mission est le leadership responsable. Mon voisin de tablée me demande : “c’est quoi la responsabilité ?” N’étant ni philosophe, ni expert, ni linguiste, j’exprime dans quelques mots de cette vidéo, un morceau de ce qu’évoque pour moi le leadership responsable… depuis l’action la plus simple de commander un café dans un bar jusqu’aux lamentables déclarations du président de l’empire. Je suis un Jedi, mes propos vont déplaire à certains… je sortirai alors mon sable laser : le débat !

 

 

Le leadership responsable, de l’acte minuscule aux déclarations de l’empereur

Etage 1 : l’acte minuscule…

L’usage du plastique à usage unique n’est pas une super idée. En quelques instants, transformer en détritus un objet travaillé dans une usine, qui provient des ressources limitées de notre planète, me parait totalement aberrant. Pourtant, quand la serveuse rajoute un chapeau plastique sur la tasse café, cela choque peu.

J’interviens : “euh, inutile de mettre le chapeau plastique, je n’en ai pas besoin”. Ce matin, la gentille serveuse s’exécute et met le chapeau qu’elle avait déjà en main… directement à la poubelle, Covid-19 oblige. Ici commence ma responsabilité :

  • (1) je prends conscience que ma tentative de protection des baleines (qui finissent toujours par avaler le plastique, c’est connu) aboutit à une désastre puisque le chapeau est passé à la poubelle…
  • (2)  je réfléchis à mon processus de communication => j’aurais du dire : “chère madame, avant de passer ma commande, je voudrais vous signaler que je ne veux pas de chapeau plastique… sur ma tasse de café”. Ainsi formulée, la dame n’aurait pas pris le coupable chapeau en main…
  • (3) et si je me baladais systématiquement avec une tasse lavable que je proposerais dès que je vois le risque qu’on me présente un gobelet plastique à usage unique… et son chapeau !

Dans un épisode aussi simple de la vie, le leadership responsable passe de la prise de conscience à la mise en action d’un nouveau processus durable… Ici le processus à caractère durable réside dans l’inversion de ma formule : je dis d’abord “sans le chapeau”, ensuite je parle de café.

 

Etage 2 : l’acte à plus fort impact

J’accompagne une startup dont l’une des valeurs d’entreprise est “warrior” (guerrier pour les non anglophones). Pendant des mois, je travaille l’équipe de direction, par petites touches ou offensives bien lourdes, pour qu’ils abandonnent cette valeur. Quelle image concrète vous vient en tête quand j’utilise le mot “guerrier” ? Fermez les yeux : voyez-vous plutôt un homme, baraqué, bardé de guns, de couteaux, d’armes laser, avec une cuirasse ? Avec cette image, comment comptez-vous développer dans l’entreprise, avec les clients, les fournisseurs, les partenaires : la collaboration, l’entraide, l’empathie, la co-construction, la paix ? Comment comptez-vous attirer des femmes à rejoindre l’entreprise ?

 

Je vois venir les objections : les guerriers ont des valeurs, certaines femmes aiment bien l’image du guerrier. Certes, mais quels objectifs suivent les guerriers ? Construire ? A quoi sert une entreprise ? Certaines femmes aiment bien l’image du guerrier, ok : est-ce de cela dont notre humanité a besoin ?

 

Si je substitue la valeur “guerrier” par la valeur “résilience” (ce qu’a fini par faire la fameuse startup), quelle image vient à l’esprit ? Aucune ? C’est bien possible parce que résilience est davantage un concept. Pour les plus initiés, on peut voir une tige de métal qui se tord et revient à sa forme initiale, image souvent employée pour illustrer la résilience. Le guerrier est résilient évidemment. Cependant, faut-il mettre en avant l’image qui s’imprime à l’esprit : le terminator de service ? N’est-il pas responsable d’éclairer certaines valeurs que ce même terminator véhicule : résilience, courage, organisation, endurance, professionnalisme, etc…

C’est quoi la responsabilité : le choix de bonnes références ?

 

Etage 3 : les déclarations de l’empereur

Ne croyez pas que je vise qui que ce soit (ouarf !). Imaginez un instant que l’empereur, disons le président du pays le plus puissant au monde dise : “les femmes, on les attrape par la chatte” (SIC). Que croyez-vous que les millions, que dis-je, les milliards d’humains qui l’écoutent, font de cette honteuse déclaration ? Certains rigolent, d’autres s’offusquent, d’autres encore prennent ça au premier degré !

 

La parole de l’empereur ne devrait-elle pas être impeccable (1er accord toltèque) ? Chaque mot prononcé par l’empereur est décortiqué, sert de référence. Sa responsabilité est énorme ! Pouvoir immense n’impose-t-il pas l’incarnation d’un leadership responsable. Le mot est important. Avec les mots, l’empereur peut déployer la sagesse ou entrainer à la plus stupide des guerres.

 

Bref, comment développer la responsabilité dans le leadership ?

Il n’est pas question ici de faire le tour d’une question aussi vaste (je n’ai d’ailleurs aucune légitimité à le faire). Cependant, à un collaborateur qui avait fait une sottise et m’avait dit : “j’ai appliqué bêtement la procédure”, je répondis quelque chose comme “est-tu payé pour être bête ? Si la procédure n’est pas adaptée ou désuète, convient-il de la changer ? La procédure est-elle au service de notre mission vers le client, existe-t-elle pour elle-même, sert-elle à dédouaner ceux qui l’appliquent sans réfléchir ?”

 

De la tasse à café aux déclarations de l’empereur, le leadership responsable, selon moi, passe par :

  • garder en éveil sa conscience et son esprit critique
  • courageusement remettre en question les aberrations des systèmes
  • proposer les transformations (process dit-on en entreprise) qui servent la dimension durable
  • être toujours en vigilance des messages et des mots
  • prendre parfois des décisions difficiles (suivre le lien pour lire ce que je propose à ce sujet)

 

Que pensez vous du café, des valeurs d’entreprise et de l’empereur ?
Vos commentaires sont les bienvenus ci-dessous…

 

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Co-auteur du livre “Les groupes Mastermind, accélérateurs de réussite”, premier ouvrage publié en français sur le sujet. Co-écrit en intelligence collective. Egalement disponible en anglais et en espagnol.

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Un consultant libre, c’est :

  • – un entrepreneur
    – un créateur de valeur
    – de l’expérience de terrain à partager

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Bonne découverte…

Laurent de Rauglaudre

Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

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