Comment prendre une décision difficile ?

by | Décider, Entrepreneur, Leadership, Mastermind, Progresser, Vidéos | 6 comments

Avant toute décision difficile, on ne va pas bien. Les options possibles mettent le cerveau en état d’ébullition. Parfois le corps lance des symptômes de l’inconfort. Puis une fois la décision difficile prise, ça va rapidement mieux. On peut passer à l’action. Alors comment prendre cette fameuse décision ? Je propose une méthode en 3 étapes qui permet de clarifier les enjeux, se libérer de la charge mentale, s’en référer à la sagesse et à la dimension durable.

 

Quelle est cette méthode et pourquoi cette méthode nous aide-elle à transformer une décision difficile en un arbitrage de meilleure qualité ?

 

Une méthode en 3 étapes :

  1. Faire son enquête => il existe toujours bien des pistes et idées à explorer avant de faire un arbitrage…
  2. Ecrire => sortir du mental, du risque de transformer la décision en dilemme simpliste. Au delà de l’alternative, il existe souvent un large panel de possibles. Tout garder dans la boite crânienne n’aide pas la vision large, écrire va fluidifier l’exercice…
  3. Convoquer (mot rare que j’emploie à dessein) virtuellement un arrière grand-père/grand-mère et un arrière petit fils/petite fille => car la sagesse va donner de la profondeur à la décision et la décision à impact durable est un impératif de responsabilité

 

Pourquoi cette méthode permet-elle de prendre une décision difficile ?

1 – L’enquête

L’enquête, c’est la vérification, dans le miroir des autres, que les options que l’on envisage, les directions nouvelles à prendre, ont l’air de sonner juste. La puissance du feed-back est réelle. Souvent nous n’écoutons pas avec attention ceux qui nous aiment, ceux qui nous connaissent (lire cet article sur l’écoute). Pourtant, ils nous envoient des indices de notre alignement. Nous répondons de nos excuses ou de nos peurs pour éviter la décision. Faire l’enquête, c’est aussi l’étape de la confrontation des faits. Perdus dans notre univers intérieur, certains faits nous échappent, ou bien nous en diminuons inconsciemment la portée. Les autres nous parlent de leur point de vue, littéralement un poste d’observation d’une autre réalité. Et ce “point de vue” élargit les possibles. C’est toute la force des groupes Mastermind… récolter ces ressentis, questions et conseils qui ouvrent de nouveaux univers.

 

2 – Ecrire

Ensuite, le passage par l’écrit est crucial. J’ai toujours pensé que ce qui est présent là, tout de suite, dans mon esprit, remporte le match de l’importance sur tout ce qui est camouflé derrière. Ainsi, on peut donner la prépondérance à une fourmi parce qu’elle est là devant, alors que l’éléphant est caché dans l’ombre derrière (l’image est osée, certes, mais bon, vous voyez l’idée). Quand on prend le crayon, quand on couche sur le papier les arguments “pour” et “contre”, les “avantages” et les “inconvénients”, les “opportunités”, les “risques”, on donne le champ à plus d’objectivité. Les colonnes remplies permettent le regard comparatif, relatif, permettent de peser les arguments, remettent à leur place le dérisoire pour donner sa substance à l’essentiel.

 

Il m’arrive de prendre une grande feuille de paper-board, par terre dans mon bureau, de dessiner les petits bonshommes souriants qui se confrontent aux petits bonshommes aux lèvres tombées. Je remplis des colonnes, je dessine. Puis je me relève, je marche autour du cerveau vidé là, dans cet outil que les ordinateurs nous intiment d’oublier : le papier, les crayons de couleur. J’observe et cette altitude/attitude apaise le tourment pour clarifier la route à prendre.

 

3 – Convoquer

Quand le doute persiste, la convocation virtuelle des aides de camp – un arrière grand-père ou une arrière grand-mère associé à un arrière petit-fils/petite fille (qu’ils soient morts ou pas encore vivants) –  apporte la sagesse de l’expérience et l’urgence des décisions “durables”. Comment hésiter quand l’enquête, synthétisée et objectivée dans l’écrit, s’associe au conseil sage des aïeux et à l’appel de nos descendants pour leur droit d’exister sur une planète accueillante ?

 

Prendre la décision pour s’en libérer

Cette méthode simple va dans les profondeurs et qui donne du sens à l’action. Je suppose qu’elle remue fort face aux grandes décisions. Avec le temps qui passe, que penser de l’impact de nos arbitrages ? Les décisions difficiles, si on les camoufle au fond d’un placard pour qu’elles ne nous importunent pas, ne reviennent-elles pas sournoisement hanter nos nuits ?

Prendre la décision est aussi une manière de s’en libérer. Rester dans l’entre-2-eaux est une garantie de se sentir mal, d’être en tension avec soi-même, avec son entourage. Décider c’est lâcher une posture inconfortable pour aller vers un autre équilibre, instable certes mais c’est retrouver le mouvement.

Notre responsabilité personnelle est-elle engagée ? Oui car la décision est à prendre. Il nous revient d’avancer, d’avancer. Que penseraient nos ancêtres, que pensera la génération future si nous ne décidons pas ou si nous ne les écoutons pas ? Quel sont les impacts de notre décision ou notre non-décision aujourd’hui ?

 

Et vous, comment vous y prenez-vous pour les décisions difficiles ?

 

6 Comments

  1. Waroux

    Dans ma vie j’ai pris des décisions “difficiles” assez rarement au sein de la famille et c’est heureux.
    En revanche dans ma vie professionnelle , oui , il m’est arrivé de prendre des décisions importantes ou difficiles. Mais , on m’a appris à ne pas trop me poser de questions et c’est heureux aussi.

    Reply
    • Laurent de Rauglaudre

      Comme tu dis “c’est heureux aussi”.

      Certains se posent plus de questions que d’autres. Il ne suffit pas de leur sommer “d’arrêter de se poser des questions”, leur cerveau fonctionne ainsi – j’en suis 🙂

      Par ailleurs, se poser des questions permet de prendre des décisions plus solides, plus “durables”, parfois plus responsables. Sans prise de recul, certaines décisions peuvent s’avérer “catastrophiques”…
      Merci du commentaire…

      Reply
  2. EMI

    Laurent,je viens de découvrir votre blog,non pas parce que je suis manager,mais parce que je suis en questionnement sur être à la bonne place,en accord avec moi.
    Pour faire un choix difficile,la liste je l’ai déjà utilisé mais l’idée de convoquer virtuellement un ascendant et un descendant je testerais.Pour mes futures insomnies.
    Merci de vos partages.je n’ai pas fini d’apprécier de vous lire.Continuez!

    Reply
    • Laurent de Rauglaudre

      Bonjour Emi,

      merci pour ces encouragements, ça fait toujours du bien 🙂

      Les insomnies, les choix difficiles, les questionnements pour être à la bonne place, je connais. Je continue donc à encourager à chercher son “bon alignement”, là où l’on vibre bien. Cet état existe. Il est pourtant souvent nécessaire de partir en quête de ce graal, et cela peut prendre du temps. On y laisse aussi des plumes. Il existe un prix à payer pour conquérir sa véritable identité intérieure, être soi.

      J’aime bien accompagner dans le désert (https://laurent-derauglaudre.systeme.io/Information-desert) ceux qui sont sur ce chemin. La force des autres nous aident aussi, c’est l’objet des groupes Mastermind (https://laurent-derauglaudre.systeme.io/groupe-mastermind).

      Pour suivre les nouveautés sur le site, inscrivez-vous à ma newsletter…

      Bonne promenade…

      Laurent

      Reply
  3. Christophe Mayaud

    J’entendais Gérard Mulliez (entrepreneur) dire qu’il ne pensait pas être différent de chacun de nous. « dans ma vie, je prends beaucoup de décisions, bonnes ou mauvaises… et j’ai la chance que la somme des décisions positives dépasse celle des négatives … je ne prends jamais la meilleure décision, mais la moins mauvaise… »

    Reply
  4. Laurent de Rauglaudre

    Oui, c’est une caractéristique des entrepreneurs : ils prennent beaucoup de décisions, davantage que la moyenne des gens.
    Un entrepreneur à succès que j’interrogeais un jour sur ses “secrets”, m’avait répondu : “j’ai beaucoup signé”… ce qui ne signifiait pas que ça avait marché à tous les coups, bien entendu !
    Merci de ron commentaire…

    Reply

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Co-auteur du livre “Les groupes Mastermind, accélérateurs de réussite”, premier ouvrage publié en français sur le sujet. Co-écrit en intelligence collective. Egalement disponible en anglais et en espagnol.

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Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

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