Comment prendre une décision difficile ?

Avant toute décision difficile, on ne va pas bien. Les options possibles mettent le cerveau en état d’ébullition. Parfois le corps lance des symptômes de l’inconfort. Puis une fois la décision difficile prise, ça va rapidement mieux. On peut passer à l’action. Alors comment prendre cette fameuse décision ? Je propose une méthode en 3 étapes qui permet de clarifier les enjeux, se libérer de la charge mentale, s’en référer à la sagesse et à la dimension durable.

 

Quelle est cette méthode et pourquoi cette méthode nous aide-elle à transformer une décision difficile en un arbitrage de meilleure qualité ?

 

Une méthode en 3 étapes :

  1. Faire son enquête => il existe toujours bien des pistes et idées à explorer avant de faire un arbitrage…
  2. Ecrire => sortir du mental, du risque de transformer la décision en dilemme simpliste. Au delà de l’alternative, il existe souvent un large panel de possibles. Tout garder dans la boite crânienne n’aide pas la vision large, écrire va fluidifier l’exercice…
  3. Convoquer (mot rare que j’emploie à dessein) virtuellement un arrière grand-père/grand-mère et un arrière petit fils/petite fille => car la sagesse va donner de la profondeur à la décision et la décision à impact durable est un impératif de responsabilité

 

Pourquoi cette méthode permet-elle de prendre une décision difficile ?

1 – L’enquête

L’enquête, c’est la vérification, dans le miroir des autres, que les options que l’on envisage, les directions nouvelles à prendre, ont l’air de sonner juste. La puissance du feed-back est réelle. Souvent nous n’écoutons pas avec attention ceux qui nous aiment, ceux qui nous connaissent (lire cet article sur l’écoute). Pourtant, ils nous envoient des indices de notre alignement. Nous répondons de nos excuses ou de nos peurs pour éviter la décision. Faire l’enquête, c’est aussi l’étape de la confrontation des faits. Perdus dans notre univers intérieur, certains faits nous échappent, ou bien nous en diminuons inconsciemment la portée. Les autres nous parlent de leur point de vue, littéralement un poste d’observation d’une autre réalité. Et ce “point de vue” élargit les possibles. C’est toute la force des groupes Mastermind… récolter ces ressentis, questions et conseils qui ouvrent de nouveaux univers.

 

2 – Ecrire

Ensuite, le passage par l’écrit est crucial. J’ai toujours pensé que ce qui est présent là, tout de suite, dans mon esprit, remporte le match de l’importance sur tout ce qui est camouflé derrière. Ainsi, on peut donner la prépondérance à une fourmi parce qu’elle est là devant, alors que l’éléphant est caché dans l’ombre derrière (l’image est osée, certes, mais bon, vous voyez l’idée). Quand on prend le crayon, quand on couche sur le papier les arguments “pour” et “contre”, les “avantages” et les “inconvénients”, les “opportunités”, les “risques”, on donne le champ à plus d’objectivité. Les colonnes remplies permettent le regard comparatif, relatif, permettent de peser les arguments, remettent à leur place le dérisoire pour donner sa substance à l’essentiel.

 

Il m’arrive de prendre une grande feuille de paper-board, par terre dans mon bureau, de dessiner les petits bonshommes souriants qui se confrontent aux petits bonshommes aux lèvres tombées. Je remplis des colonnes, je dessine. Puis je me relève, je marche autour du cerveau vidé là, dans cet outil que les ordinateurs nous intiment d’oublier : le papier, les crayons de couleur. J’observe et cette altitude/attitude apaise le tourment pour clarifier la route à prendre.

 

3 – Convoquer

Quand le doute persiste, la convocation virtuelle des aides de camp – un arrière grand-père ou une arrière grand-mère associé à un arrière petit-fils/petite fille (qu’ils soient morts ou pas encore vivants) –  apporte la sagesse de l’expérience et l’urgence des décisions “durables”. Comment hésiter quand l’enquête, synthétisée et objectivée dans l’écrit, s’associe au conseil sage des aïeux et à l’appel de nos descendants pour leur droit d’exister sur une planète accueillante ?

 

Prendre la décision pour s’en libérer

Cette méthode simple va dans les profondeurs et qui donne du sens à l’action. Je suppose qu’elle remue fort face aux grandes décisions. Avec le temps qui passe, que penser de l’impact de nos arbitrages ? Les décisions difficiles, si on les camoufle au fond d’un placard pour qu’elles ne nous importunent pas, ne reviennent-elles pas sournoisement hanter nos nuits ?

Prendre la décision est aussi une manière de s’en libérer. Rester dans l’entre-2-eaux est une garantie de se sentir mal, d’être en tension avec soi-même, avec son entourage. Décider c’est lâcher une posture inconfortable pour aller vers un autre équilibre, instable certes mais c’est retrouver le mouvement.

Notre responsabilité personnelle est-elle engagée ? Oui car la décision est à prendre. Il nous revient d’avancer, d’avancer. Que penseraient nos ancêtres, que pensera la génération future si nous ne décidons pas ou si nous ne les écoutons pas ? Quel sont les impacts de notre décision ou notre non-décision aujourd’hui ?

 

Et vous, comment vous y prenez-vous pour les décisions difficiles ?