Quelle est la différence entre lâcher-prise et abandonner ?

par | Accords Toltèques, Décider, Désert, Echec, Objectifs, Vidéos | 4 commentaires

Il est légitime, quand on tente tout pour réussir un projet, de se demander comment faire la différence entre lâcher-prise et abandonner… Est-ce que je dois continuer étant donné tous les efforts déjà accomplis, ou au contraire, faut-il arrêter les dépenses et la fuite d’énergie ?

L’expression “lâcher-prise” est-elle la nouvelle tarte à la crème des formations de management et de développement personnel ? Quelque chose d’essentiel se cache-t-il derrière ? Quelle est la différence avec abandonner ? Dans cette vidéo, je raconte une anecdote vécue qui illustre, je pense, l’écart entre lâcher-prise et abandonner. Décider de lâcher-prise. J’ai bien écrit “décider”.

Regardez plutôt :

 

Comment savoir s’il est l’heure de lâcher-prise ? Comment savoir si l’on n’est pas en train d’abandonner ? That is an excellente question !

La tentation d’abandonner est toujours là, tournoyante telle un rapace au-dessus de nos projets. Je trouve 115 synonymes sur le dictionnaire de l’université de Caen que j’utilise souvent…

Les synonymes d’abandonner :

 

abdiquer, abjurer, abolir, accorder, aliéner, apostasier, baisser les bras, baisser pavillon, balancer, battre en retraite, bazarder, caler, caner, capituler, céder, cesser,concéder, confier, déclarer forfait, déguerpir, délaisser, déloger, déménager, démissionner, démordre, déposer, dépouiller, déserter, dételer, détourner, discontinuer,disparaître, donner, enterrer, évacuer, exposer, faire cesser, faire la part du feu, fausser compagnie, finir, flancher, fléchir, fuir, immoler, interrompre, jeter, jeter le manche après la cognée, lâcher, lâcher pied, laisser, laisser aller à vau-l’eau, laisser tomber, larguer, léguer, liquider, livrer, mettre bas, mourir, négliger, omettre, oublier, partir,passer la main, planter, plaquer, plier bagage, poser, quitter, rabattre, raccrocher, reculer, rejeter, relâcher, reléguer, remettre, renier, renoncer, repousser, répudier,résigner, résilier, rompre, s’avouer vaincu, s’éloigner, s’en aller, s’enfuir, s’incliner, sacrifier, se débarrasser, se défaire, se démettre, se départir, se déposséder, se dépouiller,se désintéresser, se désister, se désolidariser, se dessaisir, se détacher, se rendre, se replier, se retirer, se séparer, se soumettre, semer, sortir, succomber, supprimer,suspendre, tirer sa révérence, tomber, tourner le dos, vider, vider les lieux, violer

 

Ouahou, “abandonner” est bien outillé, cet ennemi de nos projets. Je l’évoque dans la vidéo, “abandonner” est notre ennemi. On voit bien dans les synonymes qu’on a “jeté le manche avant la cognée”, qu’on a “faussé compagnie”, qu’on s’est “enfui”. Tout cela ne laisse-t-il pas qu’un goût amer dans la bouche ?

 

Pourtant, il nous faut apprendre à lâcher-prise, un allié de la vie. La subtilité consiste à repérer si on a fait notre possible, si on a appliqué le 4ème accord toltèque (fais toujours de ton mieux).

Suis-je en train de m’acharner ou suis-je en train d’aller au bout de mon implication ? Voilà ma suggestion pour sortir du dilemme (je reviendrai bientôt sur le sujet du dilemme).

 

En faveur de continuer l’effort :

  • observer si les élans créatifs sont toujours actifs;
  • écouter ce que l’entourage nous dit de notre projet;
  • prendre pour solides les indicateurs objectifs de progrès

 

En faveur de décider de lâcher-prise :

  • scruter si son corps envoie des signaux d’épuisement;
  • tirer les conclusions évidentes d’indicateurs objectifs;
  • repérer le sens déclinant que prend la courbe de la motivation.

 

Je repense à un des épisodes des Schtroumpfs. L’un des petits bonshommes bleus, fatigué, se laisse tomber par terre et lance à ses compagnons : “abandonnez-moi, je suis épuisé, tant pis, je vais mourir”. Les autres Schtroumpfs l’encouragent à se relever. Il continue son cinéma. Alors, les autres s’en vont avec juste un “bon”. Alors, le Schtroumpf fatigué se relève prestement et rattrape ses copains en criant… Il n’a finalement pas abandonné après que ses collègues aient lâché prise.

 

Lâcher-prise et abandonner, 2 faux-amis qui s’amusent à nous tourmenter…

 

Que pensez-vous de la notion de lâcher-prise ? Comment vous parle-t-elle ?
Donnez votre avis dans les commentaires ci-dessous ou partagez une anecdote…

Transcription de la vidéo en page 2 

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4 Commentaires

  1. Audrey

    Merci cela m’aide,je voyage,je suis en Asie, au Cambodge, je souhaite aller en Birmanie et en Inde par voie terrestre. Et desfois, j’ai même dans l’idée de retourner doucement en France en traversant les pays qui se trouvent sur mon chemin. J’ai fait la Chine,( ds une academy de kung fu), la Thaïlande, le Laos,maintenant le Cambodge, depuis 1 bonne semaine, grosse fatigue, mal à l’oreille et dent. J’ai même envisagé,d’abandonner ce grand voyage, et resté un moment dans le nord de la Thaïlande. Je sais que si je n’entreprend pas ce grand voyage, un goût amer, va me rester en bouche. Et desfois je me pose même la question, si c’est vraiment ce que j’aime et si je ne m’eparpille pas.en quelque sorte, c’est ma tartine de merde préférée, qu’est ce que j’aime dans le voyage, c’est la rencontre, la découverte de soi, des autres, de beaux paysages.et qu’est ce que je n’aime pas, c’est que c’est assez perturbant, oui cela bouleverse.je passe par toutes les émotions, de la peur, la joie, la colère, la tristesse,oui
    Bref, je suis dans une période de doute. Et donc je vous remercie pour votre lumière sur votre expérience, elle m’éclaire . Merci

    Réponse
    • Laurent de Rauglaudre

      Bonjour Audrey,

      merci pour ce beau témoignage… et cette super aventure de vie qui fait envie !

      Quand je lis “Je sais que si je n’entreprends pas ce grand voyage, un goût amer, va me rester en bouche” alors je pense “abandonner maintenant serait cruel pour cette petite voie qui murmure de vivre votre rêve jusqu’au bout”.

      Vivre intensément !
      Bon voyage…

      Réponse
  2. Ling-Chih

    Bonjour, merci de votre partage. Un de mes amis me disent souvent de lâcher prise, mais on n’a pas forcément le même point de vue sur ce sujet. Nous sommes tous les deux entrepreneurs, et pour moi, être un entrepreneur, il faut se concentrer sur 1-2 choses pour commencer. Après, si ça marche bien, je tourne vers autre chose. Je dis ça par expérience. J’étais sur plusieurs projets et au final, aucun ne marche bien. Je lui conseille de se concentrer, et il me dit que c’est du lâcher prise, il laisse venir des choses, et il continuer aux opportunités avant de bien développer ce qu’il entreprend. Pour moi c’est dangereux, mais il n’aime pas ma vision des choses. Perso, je ne pense pas que ce soit du lâcher prise si on fait X choses à la fois et on continue à voir d’autres opportunités (les laisser venir donc), pour moi c’est du cumul inutile et du manque de focus. Mais bon, parfois les gens ont besoin de passer par certains chemins pour vraiment comprendre !

    Réponse
  3. Laurent de Rauglaudre

    Bonjour, je pense qu’il y a confusion sur 2 notions distinctes :
    1 – savoir se focaliser
    2 – lâcher prise sur un défi qui “semble” résister.

    Savoir se focaliser, se concentrer est essentiel pour être efficace. Cela dit, certaines personnes réussissent en devenant expertes d’un sujet, et leur tendance naturelle les pousse à cette spécialisation qui fait d’eux une référence. C’est une bonne stratégie. Cependant, d’autres (dont je fais partie) ont besoin de diversité, car ils s’enrichissent dans la transversalité. Ils seront moins spécialistes mais permettent de créer des ponts entre les rives parfois éloignées des “experts”. C’est également une stratégie, tout dépend de son caractère, de son inclination personnelle. S’il existait une seule piste pour réussir, tout le monde la prendrait…

    Lâcher prise est une autre notion : je souhaite réussir ce projet, passer ce cap, résoudre cette crise. Je fais beaucoup d’efforts pour cela mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Peut-être convient-il que je définisse jusqu’où je pousse mon implication personnelle – le plus loin possible – et qu’ensuite je reconnaisse que “j’ai fait de mon mieux” (4ème accord toltèque), et j’accepte le verdict. Dans tout obstacle, il existe une partie de la résolution qui ne m’appartient pas. Insister tient alors davantage du domaine de l’acharnement que de la détermination. Toute la difficulté réside dans le fait de trouver “quand ai-je fait ma part, et quand dois-je lacher prise ?”.

    J’espère que ça aide.
    Merci du commentaire,
    Laurent

    Réponse

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  1. Connexion et énergie, secrets de Christian-Georges Malissard - […] j’ai retenu la leçon qu’il est crucial de rester dans son alignement, et plutôt que l’abandonner, plutôt lâcher-prise et…

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Laurent de Rauglaudre

Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

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