Ceux qui réussissent disent “Non” ! Non, non et non, 3 raisons pour dire non !

by | Ceux qui réussissent, Communiquer, Décider, Mastermind, Négocier, Podcasts, Progresser, Temps | 4 comments

Notre éducation nous a poussé à dire presque toujours oui. Pourtant, dire non est très puissant puisque le mot permet d’arbitrer et de choisir (comme le oui d’ailleurs). Sauf que, la confusion existe entre “je te dis non à ce que tu me proposes/non à ce que tu me demandes” (première perception) et “je dis non à toi” (deuxième perception).

Ecoutez cet article en podcast :

 

Dans la première perception, dire non signifie repousser une proposition, une sollicitation. Dans la deuxième, il s’agit de repousser la personne. Cette confusion crée ce malaise : “j’ai dit oui (parce que je t’apprécie), mais en fait, je ne peux pas/je ne veux pas/je ne sens pas et j’ai vraiment envie de dire non (mais je n’ose pas)”.

 

Apprendre à dire non est l’une des leçons apprises auprès de ceux qui réussissent…

 

Il y a surement des quantités de raisons d’apprendre à dire non, j’ai envie de privilégier celles-ci…

1 – En disant non, je me respecte

Avez-vous croisé de ces grandes âmes qui sont à la fois d’une générosité sans limite et en même temps semblent habités de frustrations abyssales. Il n’est point question ici de rejeter le service et l’attention à l’autre (je repense à mon oncle Paul). Il est question de se respecter, ce qui peut devenir une nécessité de survie.

 

Je dis “non” car j’ai besoin d’air, de respiration, d’espace, de repos, de recul, de temps. Je dis “non” aussi parce que j’ai des priorités et des devoirs, parce que j’assume des responsabilités. Je dis “non à la chose” pas “non à toi”. Je dis “non” car j’ai besoin d’être respecté.

 

2 – Si je dis “non”,  je me débarrasse des petits problèmes que les autres ont envie d’empiler sur mon bureau et dans mon emploi du temps

Corollaire du point 1, si je ne me respecte pas, les autres sont susceptibles de ne pas le faire non plus. Il y a risque à ce qu’ils viennent avec leur épaisse pile de problèmes, de délégations inverses, leur envie de se débarrasser de ce qu’ils ont à faire (et accessoirement ce pour quoi ils sont payés) dans mon antre grande ouverte.

 

Dans les formations sur l’optimisation du temps, ce sujet fait souvent débat. Pour garder (croit-on) une bonne relation de travail, on accepte le déballage sur notre bureau. Dès que cela se produit, c’est le début du grand foutoir de son emploi du temps, et partant, de la tenue de ses objectifs.

 

Econduire gentiment les chronophages et autres dérangeurs de tout poils qui lisent le grand “oui” affiché sur notre front, leur dire non sans se justifier, est un pas de géant en avant pour passer à une meilleure maîtrise de son temps et de son projet.

3 – Dire non pour sortir de cette illusion que tout est possible

L’une des grandes difficultés à laquelle nous sommes tous maintenant confrontés, est la profusion gigantesque des possibles. Cette profusion devient source de tourments, devient un vrai défi de sagesse pour les prochaines générations. Tout semble accessible. Tout parait disponible. On voudrait tout accumuler (les choses, les relations, les expériences), alors que cela est vain.

 

A l’image de l’univers en expansion, la société actuelle nous offre tant de possibles que le simple fait de les imaginer nous fait croire que nous pouvons nous les approprier. C’est faux, chers amis ! Une grande partie du travail intérieur consiste à renoncer, à dire non. Ce qui ne signifie pas une existence terne et sans relief.

Comme me disait un chef d’entreprise un jour : “dès que l’on ferme une porte, des quantités d’autres se présentent”.


Bref !

Je te dis non…

  • et je t’aime quand même…
  • et je me respecte…
  • et je ne prends pas sur moi ce qu’il t’arrange de déverser dans ma gamelle…
  • et je grandis en sagesse dans ma capacité de détachement…

 

Tout l’art consiste à délivrer un “non positif”… Mais cela est une autre histoire.

 

Et pour mieux y arriver…

Quand vous êtes sur le point de dire “oui”, posez-vous 3 questions :

  1. Dire oui à cette requête, est-ce que “je le sens bien” ?
  2. Est-ce bien de ma responsabilité de prendre en charge cette demande ?
  3. A quoi je renonce vraiment, quelles opportunités improbables mon “non” va-t-il faire émerger ?

 

Envie de commenter ci-dessous ?

 

4 Comments

  1. Valérie DENIS

    Délivrer un “non positif”, me fait penser à une autre manière de dire les choses par Thomas d’Ansembourg (voir le livre Cessez d’être gentil soyez vrai”) “a quoi je dis “oui” quand je dis non” et inversement. Cette petite phrases m’aide beaucoup à prendre certaines décisions difficiles, car lorsque je répond “non” à quelqu’un et que cela me mets mal à l’aise, je pense à quoi je dis “oui” (me libérer du temps pour moi, pour ma famille, pour d’autres priorités que l’autre ne connait pas…). Comme le Ying et le yang, cela m’aide à clarifier mon choix et sur quelles valeurs il repose. Choisir est difficile car il implique forcément aussi de renoncer, éclairer son choix avec un peu de recul en s’appuyant sur ses valeurs profondes est sans doute une piste pour être plus serein dans sa décision.

    Reply
  2. Laurent

    Yes, c’est exactement ça. A chaque fois que je ferme une porte, s’ouvrent de nouvelles perspectives que je ne voyais pas. Donc, fermer des portes est une manière paradoxale d’en ouvrir d’autres…

    Reply
  3. Jean-Paul Bardez

    Quand je dis “non, je ne peux pas répondre à ta demande”, j’essaye d’ajouter “mais je connais quelqu’un qui pourra” ou ” parce que je pense qu’il serait plus avantageux pour toi de…”

    Reply
  4. Laurent de Rauglaudre

    @Jean-Paul,

    C’est sympa de procéder ainsi. Cela permet de fermer la porte avec délicatesse, et d’encourager… Nous avons tous besoin d’être encouragé, n’est-ce pas ?

    Reply

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Publication

 

groupe mastermind

Co-auteur du livre “Les groupes Mastermind, accélérateurs de réussite”, premier ouvrage publié en français sur le sujet. Co-écrit en intelligence collective. Egalement disponible en anglais et en espagnol.

Hé hé, c’est quoi un consultant libre ?

Un consultant libre, c’est :

  • – un entrepreneur
    – un créateur de valeur
    – de l’expérience de terrain à partager

Je vous invite à :

Bonne découverte…

Laurent de Rauglaudre

Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

Aller plus loin en téléchargeant l’ebook “7 clés pour devenir un leader inspirant”

Chaine youtube

Prochains évènements

 

Désert : marche initiatique – 1 semaine
– du 6 au 14 novembre 2021