Je ne sais pas quoi faire : 6 conseils pour vous

par | Décider, Film, Leadership, Livres, Mastermind, Progresser | 0 commentaires

Quoi faire ?

Certains, tout petit, savent ce qu’ils vont faire : je serai architecte, développeur informatique, astronaute, infirmier(e), etc… Même si rares sont ceux qui envisagent d’être “pion, pion, pion” (voir le film les choristes), ceux qui savent ont un avantage pour diriger leur frèle esquif dans la vie. Ils organisent leurs études, leurs relations et leur chemin en fonction de ce bel objectif qui les inspire. Super ! Et les autres alors (comme moi), comment prendre les bonnes directions ? Si vous vivez avec le syndrôme “je ne sais pas quoi faire, j’ai 6 conseils pour vous”.

 

Je ne sais pas quoi faire, comment cela se traduit-il :

  • vous vous ennuyez dans votre job…
  • dès que vous maitrisez un sujet, vous avez envie d’en explorer un autre…
  • quand on vous demande “qu’as-tu envie de faire”, vous allez vous cacher dans une armoire…
  • on vous dit souvent “avec toutes tes compétences, je ne m’inquiête pas pour toi…
  • le simple fait de lire une offre d’emploi, super bien détaillée, vous donne envie de monter dans le prochain vol interstellaire pour une autre liberté dans la galaxie voisine…

 

Bref, vous n’avez pas (semble-t-il) de vocation. Si je connais parfaitement bien ce syndrôme, beaucoup regardent pourtant mon parcours avec étonnement : un parcours en forme de quête perpétuelle – avec de super chouettes expériences – surement pas une ligne directe vers le graal de la vocation inspirée. Cette quête me donne cette idée d’article.

 

Si vous avez en tête “je ne sais pas quoi faire, j’ai 6 conseils pour vous”…

1 – Cherchez votre pourquoi

Voguer sur l’océan sans savoir pourquoi est extrêmement frustrant. Dans ce moment où l’humanité est confrontée à des défis inconnus jusqu’alors, où les anciens référents (la religion, la politique) ont perdu de leur autorité, chercher votre pourquoi est, probablement (il convient toujours d’écrire en relatif) un travail à faire. Cette conférence sur le pourquoi de Simon Sinek, devenue très connue, peut vraiment vous aider dans votre réflexion.

Quand j’ai (enfin) fait le travail, isolé mon pourquoi “le leadership responsable“, cela m’a vraiment aidé à faire le tri ce que je dois faire, ce que j’ai envie de faire. Cela devient le compas intérieur pour arbitrer la direction. Chaque nouveau pas ou décision à prendre passe, consciemment ou pas, au travers de ce filtre. J’abandonne par exemple l’idée de coacher le président Trump (:-)), car il me semble un cas désespéré dans mon critère 3 de la réussite (“au fait c’est quoi la réussite“). Je me remettrai de cette ambition-là (coacher le président des Etats-Unis). Il n’empêche : accompagner les initiatives des leaders qui développent la responsabilité au coeur de leur action est devenu ma note musicale fondamentale. C’est mon la (mon “A” si vous êtes anglophone).

Chercher votre pourquoi peut vous servir de guide (sans tout résoudre bien sur – voir conseil numéro 6).

2 – Posez vous quelques bonnes questions

Pour avoir accompagné de nombreuses personnes ayant en tête “je ne sais pas quoi faire”, j’ai créé quelques exercices. L’article “clarifiez votre orientation professionnelle : 5 questions” est ainsi entré dans le top 5 des articles les plus lus de mon site.

En effet, en début de carrière, on souvent est poussé par des vents qui ne nous sont pas encore dans nos choix profonds – sauf si on a eu cette inspiration enfantine que l’on poursuit toute sa vie. Alors, on remplit le rêve, l’ambition ou le besoin de sécurité explicite ou pas de ses parents, on se lance dans des découvertes aléatoire qui parfois tournent à la déconvenue. J’ai tendance à penser que la conscience personnelle s’approfondit avec l’âge. Il me semble qu’à 20 ans, on a un niveau de conscience moins large qu’à 40 ou 60. Je peux me tromper et il y a des exemples contraires : certaines personnes “agées”, cernées par la peur, ont tendance à fermer leur conscience et leur ouverture.

Je ne compte plus le nombre de quadragénaires croisés qui me renvoyait un message ressemblant à “que vais-je faire de la 2ème mi-temps“. La question est fort légitime. C’est pourquoi, se poser de bonnes questions, sans tout résoudre d’ailleurs (voir de nouveau le point 6 de cet article) est d’une grande aide.

3 – Virez votre chef

Je viens d’évoquer la peur. Comme me disait Pierre, l’un de mes coachs parti trop tôt là-haut : “laisse tomber ce qui t’emmerde mais ne laisse pas tomber ton rêve”, ou encore “la peur est l’opposé de l’amour”. Le problème, quand on se dit “je ne sais pas quoi faire”, c’est qu’on est souvent cerné par un entourage qui nous décourage, ou pire, on a un chef qui nous contrôle, pire encore, qui nous contrôle par la peur. Soyons clair : je ne crois pas que beaucoup de chefs menacent directement leurs ouailles. En revanche, par mille et une touches (au sens des peintres impressionnistes), l’entourage et souvent le chef dessinnent la cage dans laquel on reste prisonnier, cage dans laquelle on se complait ou d’où l’on n’a pas le courage de s’extirper.

Comment voir s’il convient de virer son chef et comment le faire ? J’en parle dans cet article “5 suggestions pour virer votre chef et reprendre en main votre destin“. Il en va d’ailleurs peut-être de votre sécurité dans le long terme. Quand vous lisez “homo deus, une brève histoire de l’avenir” de Yuval Noah Harari, qui fait suite à Sapiens, vous réalisez que l’histoire du salariat est récente – arrivée avec l’émergence de l’industrie – et pourrait bien décliner fortement. Beaucoup de métiers sont à risque dans un avenir assez proche. Il s’agit de voir le phénomène arriver, se demander si on peut se trouver dans la tourmente, et prendre les mesures préventives qui s’imposent.

Virer son chef, même si c’est un conseil à prendre avec de nombreuses précautions comme expliqué dans mon article, n’est-ce-pas l’une des options à envisager sérieusement pour échapper à la peur, reprendre son pourquoi en main, transformer sa vie en une aventure ?

4 – Rencontrez le plus de personnes possibles et faites des propositions

Si “je ne sais pas quoi faire”, il existe plein de gens qui détiennent des possibles pour vous. Comment le détecter ? En démultipliant les rencontres. J’insiste : des rencontres ! Pas seulement des envois de courriels, des candidatures sur internet à des jobs, ou des échanges dénués de chaleur et de personnalisation sur les forums.

Rencontrer réellement, à l’ancienne, pas seulement dans le monde virtuel, est de nature à répondre à votre questionnement. Pourquoi ? Parce que le contact réel va créer un champ de possibles improbables. Quand vous échangez une idée avec quelqu’un, il ne s’agit pas d’un échange au sens “je te donne quelque chose contre mon billet de 10$”. Il s’agit d’un enrichissement. Chacun a acquis l’idée que l’autre a mis sur la table + toutes les idées induites. Or, les échanges devenus très virtuels sur internet, même s’ils ont une grande valeur, limitent les inductions. L’échange oral associé à la présence physique crée un champ créatif tout à fait singulier. Multiplier les vraies rencontres permet alors d’affiner son pourquoi, son quoi, son comment, permet d’échapper (au moins temporairement au “à quoi je sers” :-)).

Pour utiliser cette méthode très régulièrement, je constate à quel point elle reste stérile pour beaucoup de personnes que je rencontre. Rencontrer c’est bien, faire des propositions c’est mieux ! Qu’est-ce que cela signifie ? Juste après une rencontre – dans les 24h, il est crucial et efficace d’envoyer un message de remerciement avec ce titre : “voilà ce que m’inspire notre rencontre”. Dans le corps du message, 2 à 5 pistes à explorer. Qu’elle soit dans le domaine privé ou professionnel, toute rencontre est une opportunité, un chantier à travailler. Encore faut-il faire le labeur et n’en point rester au registre seul de l’idée. C’est le sens du verbe “accomplir” dont je parle dans l’article au fait, c’est quoi la réussite. Passer à l’action permet de clarifier “je ne sais pas quoi faire”.

Qui a dit : “un imbécile qui marche va plus loin qu’un intellectuel assis !”

NB sur ce point numéro 4 => en l’appliquant, je viens aujourd’hui à Montréal de signer un beau contrat avec une entreprise américaine. J’en reparlerai.

5 – Prenez un coach et/ou participez à un groupe (un Mastermind par exemple)

Cela paraît tellement évident que j’ai presque des scrupules à le rappeler. Prendre un coach est toujours un levier essentiel pour se retrouver. Le miroir d’un coach donne l’énergie de la confirmation ou l’infirmation des pistes. Il/elle va vous renvoyer ce que vous dites. Regardez vous dans la glace : que voyez-vous ? Des cernes sous les yeux ? Un regard qui pétille ? Une mou de découragement ? De la sérénité ? De l’inquiétude ? De l’enthousiasme ? Ce que renvoie le miroir de votre salle de bain est ce à quoi sert le coach. En reflétant où vous êtes, là, maintenant (il ne s’agit jamais de position définitive, ou alors il faut changer de coach s’il vous catalogue définitivement), votre partenaire vous aide à renforcer une tendance qui vous ressemble, lâcher-prise sur une autre qui vous perturbe (en distinguant la subtile différence qui existe en lâcher-prise et abandonner). Il vous donne l’autorisation de vous rapprocher de vous-même, d’oser passer à l’action.

Il en va de même avec tout cercle de personnes bienveillantes et non complaisantes, qui vous reflètent plusieurs facettes de vous-même et enrichissent votre quête. Les groupes Mastermind sont une piste à explorer dans la palette des cercles de paroles existants. Si le coach va être précis, professionnel pour vous aider à passer les étapes et dans le passage à l’action, un groupe de pairs peut largement contribuer à élargir le champ des possibles.

Dans le syndrome du “je ne sais pas quoi faire”, il existe une demande sous-jacente d’être confirmé dans qui on est, une demande d’aide à oser se rapprocher de son pourquoi. Cette demande peut certes être envoyée à l’univers galactique – c’est déjà un bon premier pas, elle devient encore plus concrête quand un coach ou un groupe de pairs se penchent “sur votre cas”. Encore faut-il accepter de se laisser faire, accepter de se mettre un peu à nu, laisser les postures pour travailler le fond, accepter d’investir du temps et de l’argent.

Pourquoi d’ailleurs investi-t-on tant d’argent dans les “choses”, et rechigne-t-on à investir dans les expériences, le développement des “soft skills” comme on dit en anglophonie ?

6 – Abandonnez l’idée de tout résoudre

Ce dernier conseil me parait disruptif. A titre personnel, depuis longtemps, je pratique tout un tas de méthodes glanées dans les lectures, les vidéos, les conférences, ou payées ici ou là dans les coaching, les formations, les groupes de paroles.

Or le constat est terrible : la nature profonde revient quand la tempête intérieure gronde, ou quand à l’extérieur c’est le calme plat. Si le vent tombe, mer d’huile, frêle esquif à l’arrêt, malgré les bonnes nouvelles du quotidien, l’amour familial, les méditations, les marches inspirantes, i tutti quanti, le “je ne sais pas ou plus quoi faire” resurgit avec force. Il encombre, il lamine, il sape, il prend le pouvoir, il croit gagner la bataille contre le travail de sérénité et de sagesse. En effet, ce féroce adversaire gagne de l’espace-temps.

La grande conquête personnelle est alors de reconnaître le féroce, lui laisser trouver (le moins possible) de miettes pour se nourrir, se relever, retomber, se relever encore. Résoudre, tout résoudre est probablement une chimère. Mieux vaut abandonner l’idée. Abandonner le rêve de tout résoudre. Traverser l’inquiétude, la déprime, les moments difficiles, en sachant que “ça aussi, ça passera” – phrase impossible à entendre, bien sur, quand on est dans le trou.

Un coach de qualité que je croisais récemment utilise cette formule : “abandonner l’idée de guérir”. J’ai trouvé cela fort pertinent. Les promesses des vendeurs de bonne aventure font croire à la multitude de leurs disciples que le modèle proposé est la recette universelle. Ils mangent parfois grassement sur le dos des crédules (j’ai aussi cotisé). Les vrais coachs ont une autre posture, davantage dans la relativité.

En définitive, il existe de multiples outils pour éclairer son propre chemin. Tous ces outils peuvent avoir une place. Aucun n’est universel, ni exhaustif, ni suffisant à ce que vous êtes : un être unique et singulier. Les 6 conseils de cet article ne font pas exception !

Si vous êtes pris dans le syndrome “je ne sais pas quoi faire”, travaillez mes “conseils” et passez votre chemin vers une étape suivante. Se relever, toujours se relever. Continuer à chercher et à découvrir.

Si cet article vous inspire, partagez-le 🙂

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Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

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N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

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