Aurélien Barrau, astrophysicien devenu célèbre depuis l’automne 2018, utilise souvent cette expression “qui sont les doux-dingues ?” Depuis quelques jours, j’évoque mon envie d’aller travailler dans la permaculture. Je n’ai jamais eu autant de réactions à mes publications. Entre ceux qui tentent de me ramener à la raison en me tirant par les cheveux vers le système dont la vocation semble de permettre à l’occident de gagner contre la Chine, et ceux qui me donnent plein d’indications très intéressantes, avec ou sans encouragement, je vois tout le spectre qui sépare les prises de conscience ! Qui sont les doux-dingues ?

 

 

J’espère que la vidéo est suffisamment explicite pour exprimer ce que je ressens. Si la crise du coronavirus permet d’aiguiser les prises de conscience au plus profond, alors il reste le passage à l’action. Car qui sont les doux-dingues ?

 

Les doux-dingues sont-ils les allumés comme moi qui se disent ou pensent en secret : “je ne peux plus participer, dans le système, à des futilités ou pire des projets dont on sait qu’en bout de ligne ces projets pillent notre capital commun. Les doux-dingues sont-ils ceux qui veulent contribuer à des projets qui ont du sens ? La permaculture a beaucoup de sens, pour des quantités de raisons. Qui sont les doux-dingues : les inconscients qui n’ont pas encore été éveillés aux conséquences de tous leurs gestes du quotidien ? Les doux-dingues sont-ils les cupides qui pillent avec grande intelligence, après leurs excellentes formations en école d’ingénieur, de commerce, de politique, et qui “réussissent” puisque leur compte en banque démontre qu’ils ont raison ? “Ecoute moi, petit idéologue irresponsable. Moi je sais puisque j’ai gagné beaucoup d’argent !” Cet argument est-il aujourd’hui recevable ? J’ai une autre définition de la réussite.

 

Si certains n’ont pas encore conscience du diagnostic, les autres doivent les inviter à poser quelques instants leurs ordinateurs pour venir sur le terrain se faire leur propre opinion. Exemple : qui veut venir déambuler avec moi dans la palmeraie de Zagora pour constater : (1) l’invasion invraisemblable du plastique dans tous les recoins des champs et des chemins – j’ai mal à ma planète (2) le peu de mise en culture des parcelles par le manque d’eau : la profondeur toujours plus inaccessible de la nappe phréatique rendent incultes ou financièrement inaccessible l’arrosage. Pourquoi a-t-on apporté la cuture des pastèques (accessoirement délicieuses) dans le sud du Maroc. Ces agrumes ne sont pas endémiques, ils sont gourmands en eau. Absurdité qui enrichit dans le court terme, appauvrit dans la durée. Youssef m’a confié que certains gros investisseurs sont venus cultiver pendant quelques années dans sa vallée. Pendant ce temps, l’accès à la nappe phréatique est passé de 8 mètres à 70 mètres. Puis les investisseurs sont repartis. Youssef doit maintenant puiser à 70 mètres. Dans la foulée, j’inviterai le visiteur en quête de diagnostic à regarder la “solidarité” en vie, à l’oeuvre au quotidien, Youssef, chauffeur de taxi, qui m’amène un dessert alors qu’il n’a plus de revenus depuis 2,5 mois, Brahim qui réduit (sans que je lui demande) le montant de ma dette de séjour prolongé, m’amène régulièrement de grandes corbeilles de fruits, et bien d’autres petits actes du quotidien.

 

Si certains ont conscience du diagnostic et continuent de contribuer à une entreprise qui au mieux conçoit des gadgets, au pire bousille le bien commun (la biodiversité, la pollution, le climat, les ressources naturelles, la sécurité alimentaire, la maltraitance animale, la diffusion des armes, etc…), je les invite à aligner leur conscience à leurs actions et engagements. “Nourrir sa famille” est l’objection habituelle. On me la sert tous les jours. Cette responsabilité ne peut-elle s’assumer différemment ? N’est-ce pas une excuse pour ne rien tenter, une excuse pour notre lâcheté, pour ne pas agir ? Si je suis conscient et je ne fais rien, ne suis-je pas tombé dans le camp des complices ?

 

Je ressens de la bienveillance dans toutes les personnes qui réagissent autour de moi. Je ressens parfois, désolé si ça choque, un manque de profondeur de la réflexion, comme si la crise du coronavirus n’avait finalement été qu’une parenthèse inutile. A titre personnel, cette crise m’a donné l’occasion de lire et d’écouter, de m’écouter, de constater les débats stériles, de voir se dessiner des lignes de fractures entre ceux qui prennent la mesure de l’enjeu (enjeux qui nous dépassent tous), et ceux qui veulent se dépêcher de rétablir un sytème qui sert quelques privilégiés, au détriment de leurs propres descendants.

 

Qui sont les doux-dingues ?

 

En approfondissant la permaculture (j’en suis à l’étape première de la découverte), je comprends à quel point tous les initiateurs de ces multitudes d’initiatives peuvent être le point de départ de la transformation du monde. Il ne s’agit pas simplement de techniques agricoles accessoires et performantes. Il s’agit d’une manière d’habiter l’espace en meilleure cohérence avec les plantes et les animaux. Aucune idéologie. Charles et Perrine Hervé-Gruyer, à la ferme de Permaculture du Bec Hellouin sont très concrets, planificateurs, précis. C’est très pro, très inspirant, cela donne un espoir incroyable.

 

L’invitation de cet article est de poser la question :

“vous sentez-vous digne et fier de votre contribution ?”

Qui sont les doux-dingues : ceux qui pensent à remplir dans le court terme leur portefeuille, leur ventre, leur frigo, ou ceux qui imaginent que leur action a un impact dans 20, 50, 100 ans et ont envie d’effacer un peu de leur empreinte…

Etes vous fier, vous sentez-vous digne de votre contribution ? Invitation à l’introspection…

Cet article est ouvert à tous les débats/commentaires. Merci de commenter ci-dessous, ce qui permet de partager les idées, plutôt que m’envoyer des courriels.

 

 

Liens/vidéos utiles à visiter…

La première fois que j’ai entendu l’expression “doux dingues” dans la bouche d’Aurélien Barrau, astrophysicien que je vous conseille de suivre dans de nombreuses vidéos

 

Une vidéo très instructive de l’économiste Gaël Giraud qui répond à des questions de sénateurs

La vidéo de la ferme du Bec Hellouin sur les microfermes qui m’a tellement inspiré

Quelques mots de Frédéric Laloux qui évoque le “je ne peux plus faire comme avant”

Prime au patron d’Air France (800K€ en pleine crise du coronavirus)

 

Situation d’urgence : un célèbre et magnifique discours du patron de Danone, qui montre l’exemple à ceux dont la conscience ne s’est pas encore réveillée…

 

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Publication

 

groupe mastermind

Co-auteur du livre “Les groupes Mastermind, accélérateurs de réussite”, premier ouvrage publié en français sur le sujet. Co-écrit en intelligence collective. Egalement disponible en anglais et en espagnol.

Hé hé, c’est quoi un consultant libre ?

Un consultant libre, c’est :

  • – un entrepreneur
    – un créateur de valeur
    – de l’expérience de terrain à partager

Je vous invite à :

Bonne découverte…

Laurent de Rauglaudre

Anecdote vécue comme consultant

Après lui avoir présenté mon offre, le Directeur Général me dit : “vous êtes plus cher que votre concurrent qui a une belle expérience dans une grande entreprise américaine. Cependant, le courant passe bien entre nous, et je préfère votre proposition”. Il signe alors l’offre à 10 000€, et ajoute : “si nous devons continuer à travailler ensemble, je négocierai vos prix”.

Je réponds “bien sur”… Je réalise la prestation avec son équipe de direction : un diagnostic, suivi d’un séminaire de 2 jours en intelligence collective, une synthèse de recommandations.

A l’issue de la mission, le Directeur Général me demande une nouvelle offre. Moins d’une semaine plus tard, je lui propose une mission à 30 000€. Il signe et me dit : “je ne négocie pas le prix car je connais la qualité de la prestation que j’achète”.

Dans cette anecdote se trouvent dissimulés les “secrets” de la vente de valeur. Je vends de la valeur, je ne vends pas du temps. Pour en savoir plus, voici 5 vidéos gratuites à écouter : comment bien vendre du conseil aux entreprises…

Anecdotes vécues en entreprise

N°1 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis 3 semaines, je travaille un plan marketing avec mon équipe. Je vais lui présenter les résultats de ce travail d’une dizaine de collaborateurs de qualité. Lui, top manager, diplôme le plus ronflant qu’on puisse trouver dans notre douce France, m’écoute moins de 5 minutes. Tout d’un coup, il se lève, tout sourire, se dirige vers le tableau blanc accroché au mur : « OK Laurent, ce n’est pas du tout comme cela qu’il faut s’y prendre ».

Suit une magnifique démonstration, brillante. J’ai le moral à zéro, je sors de son bureau en pensant: « on est une équipe nulle. En 5 minutes, il a démonté tout notre travail »…

N°2 : je rentre dans le bureau de mon chef. Depuis des mois, je me débats sur un projet complexe, qui implique tous les départements de l’entreprise. Je viens comme chaque quinzaine, une heure dans son bureau pour lui présenter mes « petits soucis ». Il est américain,  directeur financier, l’entreprise pèse 1 milliard d’€ de chiffre d’affaires. Avant, il était contrôleur financier mondial d’Intel – vous savez la petite boite américaine qui met des puces électroniques partout. A chacun de nos tête-à-tête, il m’écoute lui raconter mes petits malheurs. Puis il me pose des questions, ouvertes la plupart du temps (en anglais): « que penses-tu que … », « pourquoi crois-tu que … », « quelles sont les pistes que tu imagines… ». Après chaque entretien, je ressors de son bureau gonflé à bloc.

Que pensez-vous de ces 2 anecdotes ?

Aller plus loin en téléchargeant l’ebook “7 clés pour devenir un leader inspirant”

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Prochains évènements

 

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– du 6 au 14 novembre 2021