Quelle est la force qui gouverne le projet ?

Texte de la vidéo

Bonjour, je suis Laurent de Rauglaudre. Bienvenue sur mon site «je suis manager». 
Dans cette vidéo, je vais partager avec vous une anecdote vécue, au moment de prendre en charge le projet le plus excitant de ma vie de salarié…

 Vous raconter cette anecdote va vous permettre, je l’espère, de comprendre l’un des enjeux majeurs du management d’un projet, c’est-à-dire de comprendre quelle est la force qui gouverne ?

 Nous sommes fin septembre 1998. Je suis au restaurant avec le directeur financier. Il me parle d’un risque majeur pour l’entreprise pour lequel rien n’a été fait : le bogue de l’an 2000.

 A l’époque, manager d’une équipe fort éloignée de ce sujet, j’ignorais totalement l’ampleur du problème. Je ne savais pas précisément de quoi il s’agissait. La presse agitait un spectre de catastrophe, je savais que beaucoup d’entreprises y travaillaient depuis 1995.

 La croissance était tellement galopante que je ne savais pas que ma société comptait 14 usines, 2000 fournisseurs, des milliers de clients, 40 filiales commerciales, 500 produits, des milliers d’ordinateurs, de logiciels, des actionnaires de tous les continents.

 Bref, le directeur financier, un américain, me dit : «you take the job».  Avant de demander un délai de réflexion de 48h, je lui ai dessiné un triangle sur la nappe du restaurant.

 Ce fameux triangle présenté en introduction de tous les bons cours de management de projet, est souvent mal compris ou mal utilisé. Voici ce que j’ai dit…

 Dans le projet bogue de l’an 2000, je n’ai aucune possibilité de négocier la date de fin de projet. L’an 2000 arrivera ! Pour la dimension qualité, j’imagine que l’on veut être au moins au niveau de nos concurrents.

 Je ne peux donc jouer que sur une seule des 3 forces : les moyens, l’argent ! J’ignore totalement le budget nécessaire pour ce projet. Si je l’accepte, je n’ai qu’une seule exigence… (savez-vous laquelle j’ai posée)

 Que le directeur financier devienne mon boss. Dans un tel projet, je n’aurais pas eu le temps de négocier avec de multiples échelons hiérarchiques pour obtenir les ressources nécessaires, ressources dont j’ignorais l’ampleur.

 Cette condition a été acceptée, le directeur financier est devenu mon boss et le sponsor des 23 comités de pilotage que j’ai dirigés. J’ai réussi le projet en grande partie grâce à cette exigence initiale.

 Quel enseignement tirer de cette anecdote ? Je vous livre mon analyse : tout projet est gouverné principalement par une des 3 forces «la qualité, le coût ou la durée». Il est souvent nécessaire d’aller au delà des apparences pour comprendre quelle est cette force ?

 On essaie toujours de faire croire qu’il faut atteindre plus vite l’objectif, avec un budget moindre, et des exigences de performances toujours plus élevées. Cette ultimatum manipulatoire est sans arrêt contredit par les faits.

 Quand il accepte une nouvelle mission, le chef de projet doit comprendre dans son enquête préalable quelle est la force dominante : le délai à tenir, le budget à respecter, les spécifications à honorer jusque dans les plus infimes détails.

 L’une des 3 forces domine, toujours. Une fois identifiée, le chef de projet doit construire sa stratégie, l’organisation du pouvoir, le plan projet en fonction de cet impératif. Il en va de la réussite du projet.

 En janvier 2000, lors de l’ultime et 23ème comité de pilotage, j’ai présenté l’addition. Lourde ! J’ai aussi demandé aux membres du comité, après avoir expliqué tous les dégâts qui seraient arrivés si on n’avait pas traité le problème, leur évaluation d’impact sur la perte en chiffre d’affaires.

 Selon les participants, une douzaine de directeurs et membres du Comex, l’impact financier aurait été une perte comprise entre 5 et 10% du chiffre d’affaires – soit 7 à 10 fois le coût du projet.

 Comprendre la force dominatrice du projet signifie qu’il faut la mettre de son coté, utiliser l’outillage le plus approprié, en l’occurence dans cet exemple, avoir dans la poche le maitre du trésor de l’entreprise.

 Vous êtes Chef de Projet. Dessinez le fameux triangle et interrogez vous. Le coût, la qualité, le délai : qui dirige ? Ensuite, développez votre plan…  C’est plus facile à dire qu’à faire ? Certainement car on est dans un registre d’analyse, de stratégie, de tactique, de négociation.

 Si vous souhaitez prendre le recul de l’analyse, l’appui extérieur peut être très utile. Je peux vous aider à faire ce travail, car si vous avez tous les ingrédients, peut-être manque-t-il juste la recette, la clarté de la vision pour réussir à bâtir le plan le plus efficace.

 Accompagner les chefs de projet, c’est une de mes spécialités. Je propose une formule de coaching en ligne à un prix très concurrentiel. Testez là… Inscrivez-vous aussi à mes articles pour vous inspirer.  
 A bientôt.

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