Changez de point de vue !

 

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Les habitués de mes formations et séminaires s’amusent parfois à me faire remarquer :

« Laurent, tu ne nous as pas encore fait changer de place ». C’est vrai, je joue sans cesse à cette mise en mouvement, pourquoi ?

  1. pour éviter que leurs corps, qui restent éventuellement (trop) longtemps en positions assises, ne s’engourdissent…
  2. pour les faire changer de « point de vue » (littéralement)

 

Le changement de point de vue est une top priorité de notre chemin de vie. Voici ce que je lisais dans l’éditorial d’un hors-série du Monde consacré à l’ère des explorateurs :

 

« A la fin du XVème siècle, L’Europe n’était encore qu’une péninsule pauvre et surpeuplée de l’Asie.

Pour les hommes appartenant aux grandes civilisations millénaires de l’Inde ou de la Chine, l’apparition récente et anecdotique de quelques voyageurs et commerçants venant de l’autre bout du monde constituait tout au plus une nouveauté insolite. »

 

Voilà un changement de point de vue loin d’être anodin. Pour ce qui me concerne, éduqué au pays de la Révolution et centre du monde sur toutes les cartes européennes (les cartes sont bien différentes en Australie, en Russie, au Chili), considérer que l’Europe d’il y a 500 ans était une contrée au confins de l’Asie est un basculement de paradigme. Dans mon imaginaire (le vôtre ???), l’Europe est de tout temps au centre du monde, elle éclaire l’humanité. Bon, on reconnait maintenant que les origines de l’espèce sont l’Afrique, mais notre point de vue habituel est que ces préhistoriques (le mot est déjà un mépris) n’étaient pas encore tout à fait hommes et femmes. On oublie, à ce propos, qu’ils ont pourtant traversé et survécu à 7 glaciations. L’homme moderne survivra-t-il à ses propres dérèglements, et ceux encore plus graves qui s’annoncent ?

 

L’Europe, envoyant quelques « voyageurs et commerçants » a finalement, contre une facture humaine et environnementale gigantesque, pris le contrôle, un certain temps… Petit détour sur la facture, je pourrais étayer l’article de ce podcast racontant les 160 années de résistance des Mayas (émission « sur les épaules de Darwin » sur France Inter) contre l’envahisseur espagnol ou encore ma prose « être un manager écologique », écrite sur une plage d’Australie où ma lecture me dévoilait l’étendue des massacres perpétrés sur les aborigènes. Jusqu’à récemment, l’essentiel de l’histoire était écrit par les vainqueurs. Heureusement, d’autres points de vue émergent…

 

Les équilibres changent, se défont, se refont.

 

Il n’empêche… quel est notre point de vue sur les pays dits « émergents » ? Ecoutez ce Tedex (en anglais) d’Alisée de Tonnac, étonnante et brillante créatrice d’une initiative à portée mondiale, que j’ai croisée récemment chez ses parents que je connais bien. Son discours pourrait bien changer radicalement certains de nos « points de vue ».

 

 

Changer de point de vue est une nécessité vitale. Rester dans sa chaise en continuant la litanie des idées reçues, des à-priori, des catégories définitives n’est-il pas mortifère ?

 

Notre Europe est pleine de ressources – Alisée en est un excellent exemple ! Notre chaise de directeur, de patron, de manager est souvent rembourrée et confortable (je parle de chaise au sens propre comme au figuré).

 

N’est-il pourtant pas opportun, urgent, utile et nécessaire de bouger, se mettre à la place de, proposer d’inverser les rôles, faire vivre l’intelligence collective ? Pourquoi reste-t-on accroché à ces certitudes qui seront battues en brèche, au lieu d’écouter, élargir le champ de ses connaissances et de son information, aller à la rencontre ?

 

Changeons de point de vue, approprions-nous d’autres angles, ou alors il est possible/probable que nous soyons engloutis sans avoir rien compris...

D’accord ? Pas d’accord ? Dites-le en commentaire…