Pourquoi et comment virer son chef – 5 suggestions…

 Extrait d’un échange avec une chef de projet découragée :

Virer son chef– Laurent : si je comprends bien, ton métier n’est pas reconnu par ton manager qui, non seulement ne t’aide pas, mais s’approprie ton travail à son seul profit !

– La chef de projet découragée : oui, en plus je suis étonnée que xxx, directeur du département yyy ne sache même pas que c’est moi qui pilote ce projet…

– Laurent : vois-tu des possibilités d’évolution dans l’environnement de ton département ?

– La chef de projet découragée : non !

– Laurent : ton chef t’encouragerait-il à progresser vers d’autres métiers, y compris hors de son périmètre ?

– La chef de projet découragée : alors là surement pas !

– Laurent : pourquoi restes tu dans cet univers de contraintes ?

– La chef de projet découragée : je ne sais pas…

– Laurent : as-tu un problème d’argent ?

– La chef de projet découragée : non, ce n’est pas le problème

– Laurent : alors, pourquoi n’envisages-tu pas de virer ton chef ?

– La chef de projet découragée : tu as raison, c’est sans doute la solution…

 

Virer son chef !!!

(comment oses-tu dire une chose pareille, c’est subversif…)

Virer son chef, vous l’avez compris, cette formule inverse le processus habituel. Le propos est-il subversif ? Virer son chef signifie reprendre son destin en main. Combien de temps accepte-t-on de rester sous l’emprise d’un manager incompétent, autoritaire ou manipulateur ? Combien de tourments accepte-t-on ? Combien de bonnes excuses trouve-t-on pour ne pas reprendre son chemin de vie ? L’argent vient très souvent en première position de ces excuses. C’est tout à fait compréhensible et pourtant… la vie passe, l’épreuve devient plus douloureuse chaque jour. J’en connais même qui en ont fait une crise cardiaque (véridique). No future !

 

Virer son chef, c’est bien beau mais comment faire ? Il s’agit bien sur de réfléchir en stratège de sa vie professionnelle, et d’agir avec tactique. On ne part pas dans une nouvelle aventure sans se préparer.

 

Attention, bip bip bip, virer son chef présente des risques non négligeables, il est important de se préparer au prix à payer, bip bip bip fin de l’avertissement.

Voilà ce que je vous suggère :

1 – Recensez votre vrai potentiel professionnel. Vous pouvez vous inspirer de faire votre vrai cv, c’est facile pour vous et de 5 questions pour s’orienter professionnellement. Reconstituer votre capital confiance pour vous lancer dans l’opération de licenciement de votre chef, c’est la priorité.


2 – Prévenez et demandez le soutien de vos alliés
. Si vous avez un coach, un conjoint attentif, un psy, un ami fidèle, tout conseiller dont vous appréciez le support et l’authentique lucidité, demandez lui une aide particulière pour cette période difficile que vous avez décidé de traverser.

 

3 – Faites une enquête interne sur vos possibilités de rebond. Dans toute entreprise, il existe des possibilités d’évolution, parfois totalement improbables. Pour les identifier, interrogez les collègues et managers de manière ouverte : « comment évolue votre service en ce moment ? » Des pistes peuvent se présenter.

 

4 – Faites une enquête externe sur vos possibilités de rebond. Bien sur, il faut actualiser votre cv, regarder les annonces, renouer avec vos amitiés professionnelles et mener votre même enquête vis-à-vis de l’extérieur. On reste discret dans l’enquête, on ouvre les yeux par la fenêtre.

 

5 – Lancez l’opération sans naïeveté, avec tactique. Prêt et fermement décidé, vous avez 2 grandes pistes possibles :

 

  • emprunter la tactique définitive en prenant rendez-vous avec votre chef pour lui signifier son congé ==> on n’utilise cette tactique seulement si on a déjà signé pour un rebond identifié (autre job en interne ou en externe). C’est une étape glorieuse qui marque. Free I am… youpi 🙂
  • emprunter la tactique des petits pas ==> on n’utilise cette tactique si on veut pousser le manager malveillant à faire la faute le premier. La tactique des petits pas consiste à apprendre à dire régulièrement, tout un tas de non positifs. A chacun sa formule, j’aime bien : « Chef, je ne suis pas d’accord avec cette décision/appréciation/orientation/arbitrage/position/ordre… Je ne la/le comprends pas, je ne peux donc pas l’exécuter. Voilà ma proposition : blablablabla« . Bref, on refuse d’exécuter l’arbitraire, le non-sens, l’inutile, l’injuste, le futile, le projet sans moyen adéquat, etc…

 

Trop de pression au boulot

Virer son chef

Si les 2 tactiques demandent courage, elles ouvrent aussi le champ à une nouvelle aventure professionnelle, peut-être même une nouvelle aventure de vie. Le manager finit par s’agacer de la tactique des petits pas et profitera de la première occasion pour accepter votre mutation – voire l’encourager. Comme vous l’avez anticipée (étapes 3 et 4), cette évolution professionnelle résoudra l’équation !

 

On peut penser que c’est impossible : si beaucoup comprennent le « pourquoi virer son chef », peu de gens se posent la question « comment virer son chef ». En effet, toutes les peurs se réveillent :

  • je risque de ne pas trouver de boulot…
  • quelles sont mes réelles compétences ?
  • quels changements cela va-t-il provoquer dans ma vie ?

Ces peurs sont réelles et partiellement infondées. Les compétences ne s’évaporent pas, le boulot existe, sous de multiples formes. Dans toute réorientation, il y a un prix à payer. Le prix à payer d’une vie choisie peut être élevé. Cependant, quel est le prix à payer d’une vie de contraintes, de frustrations, de dévalorisations de menus étouffements quotidiens ?

 

Virer son chef demande une certaine dose de courage. En conséquence, le cadeau n’est-il pas une bonne rasade de fierté assortie d’un profond sentiment de liberté retrouvée ?

Qu’en pensez vous ? Préférez-vous la contrainte subie ou la liberté risquée ?

Point de jugement de valeur… juste une prise de conscience à partager.